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mercredi 7 octobre 2015

Les Noces de Melissa

Ou le Drame kabyle

La fable méditerranéenne a survécu au temps grâce à la mémoire des peuples de ce bassin. La fable kabyle est d'ailleurs toujours en vie ! Et à vrai dire, la Kabylie est le dernier bastion de la culture méditerranéenne authentique sur la rive sud de la Méditerranée, qui a su résister au temps et à l'érosion du désert intellectuel de son entourage de "frères contre-gré" obscurantistes et belliqueux pour qui la Méditerranée et ses cultures sont à détruire coûte que coûte. 
Voici une fable chantée par Dda Lounis, ici en Esope kabyle !, sur les Noces de Melissa (abeille en grec), avec comme parabole le Drame kabyle. Cette fable chantée date de 1980-81, càd qu'elle remonte au Printemps kabyle 80, lorsque commença le revival kabyle et l'insurrection contre l'occupant arabo-islamiste. La fable a aussi servi à nos bardes pour faire passer des messages politiques, pour sensibiliser la population kabyle sans tomber sous le coup de la menace d'être jeté en taule par les organes de répression de l'occupant arabo-islamiste. Cette fable nous dit aussi que la cohabitation forcée entre la culture kabyle (méditerranéenne) de peuple sédentaire, l'abeille de la fable, avec la dite culture arabo-islamiste (étrangère) des nomades bigots et belliqueux, est un échec cuisant, du moins pour la Kabylie qui a pris un retard énorme sur ses voisins de la rive nord de la Méditerranée, et sur le monde civilisé en général. On espère que ce "mariage blanc", non consenti, sera bientôt annulé, la Kabylie aura alors toutes les chances de rattraper son retard sur les pays développés.
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Ait-Menguellet "L'abeille"
LES NOCES DE MELISSA ou LE DRAME KABYLE
(Interprétation libre) 
Le texte et la traduction littérale (serait) de Tassadit Yacine (non, on n'est pas parents !) sont à consulter sur le blog de notre amie "La colline oubliée". 
Pour une meilleure perception de la fable, placez-vous dans un amphi antique ou dans un théâtre moderne, c'est une mise en scène dans les règles de l'art dramatique :)

Avant-propos de l’auteur
Voici l’histoire de l’essaim d’abeilles vs la nuée de guêpes ;
Mon histoire n'a ni de prologue, ni d'épilogue,
Ainsi je ne vous raconterai que ce que ma mémoire a sauvegardé (le passé),
Et mes yeux observé (le présent), 

Aux autres d’écrire le dernier chapitre de cette histoire (avenir)…
 

Lever de rideau

Acte 1 : LE MALHEUR ou L’INVASION
Ô, noble assistance !
La guêpe envahit la ruche ;
L’abeille, délogée, prend la fuite les yeux pleins de larmes de malheur.


Acte 2 : LA JUSTICE DU VAINQUEUR
Le vautour sur la place, en juge de paix,
Pour réconcilier le vainqueur et le vaincu.
Son plaidoyer s’adresse aux abeilles,
Qu’il somme d’accepter le compromis :
« Dieu n’a-t-il pas fondé ce monde sur les bienfaits de la fraternité ? »
« N’ayez crainte, faites ménage ensemble et créez une nouvelle colonie ».

(L’abeille, sans voix, pleure toujours dans son coin…)

Acte 3 : LA RESISTANCE
La voix de l’indignation se fit alors entendre,
Un non fondé de pouvoir sortit de son mutisme,
Se leva pour interpeller les siens et fustiger le vautour - avocat du diable :
« Il sera fait de quoi le miel de cette nouvelle colonie hybride ? »,
« A vous entendre, le vilain aurait une descendance noble, et le fiel passerait pour du miel ! »,
«  Que récolterons-nous de cette union contre-nature à part le bourdonnement insupportable de ces frelons ? »
(L’abeille, sans voix, pleure toujours dans son coin…)


Acte 4 : LE COUP DE FORCE
Le vautour revient à la charge :
« N’écoutez pas celui qui prêche la discorde et empêche la réconciliation et la paix des braves ! »
« Le miel de votre union sera parfait puisque c’est moi qui vous le dis ! »
(L’abeille, sans voix, pleure toujours dans son coin…)


Acte 5 : LE VERDICT (LA SOUMISSION)
De guerre lasse, les abeilles capitulèrent,
Et signèrent l’acte d’amitié avec les guêpes,
Fondant ainsi une nouvelle colonie pour l’éternité.
Ainsi le nid de guêpe, auto-anobli, remplaça la ruche d’abeilles,
Et fut installé sur l’autel du temple de la nouvelle colonie,
Et désormais les abeilles vont avec les guêpes pour y faire la prière.
(Comble du malheur, voici l’abeille, abusée et résignée à son sort, qui pleure maintenant de joie…)
 

Baisser de rideau (de voile plutôt !)
 

Postface de l’auteur
Je ne sais plus, noble assistance, par où commence et par où finit mon histoire !
Je n’ai fait que rapporter mes souvenirs et mes observations,
Il s’en trouvera autrui pour vous conter le dernier mot sur le drame de l’abeille…
Et puis, que dire de plus lorsque, comble du malheur, l’abeille fait ménage avec son violeur ? 

Le croissant de fiel en lieu et place de la lune de miel maintenant que les noces blanches sont célébrées...
Et à force de goûter du fiel au lieu du miel, la langue finit par produire des paroles amères…