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samedi 14 janvier 2017

Bologhine

Apollo d'Alger.

Un autre regard sur les mots, sur l’histoire. Alger de nos jours, hélas, n’a plus rien d’authentique jusqu’à devenir hostile aux Kabyles. Pourtant, le doute demeure à peine sur qui est vraiment le vrai dépositaire de l’identité de ce pays, à commencer par Alger. 
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Mais l’histoire est le plus souvent manipulée au gré des plus forts militairement, économiquement, démographiquement, car intellectuellement parlant et au vu de son patrimoine immatériel, la Kabylie – et c’est pour moi une chose acquise – ne reconnaît qu’une seule et unique référence, LA référence par excellence – l’immense Egypte ancienne. Et on dispose d’un artiste, le plus grand maître kabyle tout simplement, le regretté et indétrônable Ccix L’Hasnaoui pour faire un saut dans le temps et en Egypte ancienne.
Le monde ancien, l’Egypte ancienne, celle d’avant les traducteurs – grecs, arabes puis latins (romains) – , qui ont puisé leur savoir-faire en Egypte ancienne en reniant à cette dernière tout droit à LA puissance par excellence, certains, les arabo-islamistes, ont le culot de traiter cette immense civilisation et son époque d’époque de l’ignorance – c’est le monde à l’envers ! Mais c’est généralement le même mode opératoire de tous les révolutionnaires, depuis les plus anciens jusqu’aux bolchéviques, qui pratiquent le déni de l’époque qui les a précédés, comme si le bon Dieu leur avait octroyé le droit de remettre le temps à zéro et d’imposer leur vision du monde au moyen de leur doctrine ou religion respective. 

Pour remonter jusqu’à l’original, égyptien ancien bien sûr, il faudra remonter le temps et cette chaîne de « fréros traducteurs » de différentes civilisations et donc dans différentes langues : français/espagnol/romanes (copie 4) – latin (copie 3) – arabe (copie 2) – grec ancien (copie 1) – original égyptien ancien (0). 
Bien entendu, le turc serait la copie 5 mais son impact étant faible sur notre paysage linguistique, je préfère l’ignorer pour le moment ; l’anglois serait la copie 6, mais comme il n’y a pas d’hostilité manifeste ni de menace directe des Anglois, qu’on dit perfides)), sur la Kabylie, on n’aurait tort de les inclure dans cette liste des « références à abattre ».
 

Pour convaincre un sceptique ou un esprit servile – de tels il y en a en quantité chez nous, chose compréhensible après tant d’années de domination des copies 4 et 2 surtout –, il faut d’abord éviter de le brutaliser car la vérité blesse, il faut plutôt « blesser », ou tout simplement désacraliser son ténor et maître à penser. Démonstration.

Le « Turc » de l’époque médiévale de la Régence d’Alger serait à mon sens, une autre forme, du Maure de l’époque dite antique, de la dite province romaine Maurétanie Césarienne. Dans les deux cas, j’insiste, il s’agirait d’un titre : duc, roi, prince, souverain, etc. Plus à l’ouest, on nous accepte la version la plus répandue que c’est Maroc, toujours un royaume, qui serait la copie la plus fraîche des royaumes maures et qui aurait le lien direct avec l’Andalousie des Maures. Mais qu’y avait-il avant ces Maures occidentaux de l’époque dite musulmane ? A priori, Alger et la Kabylie seraient éloignées de l’Andalousie des Maures, mais peut-être qu’il y avait d’autres Maures, par exemple ceux de l’époque dite punique ? 

Un seul mot va jeter le doute sur les thèses acquises : levdha « éternité, tout le temps » en kabyle, lebda « tout le temps » en algérois surtout (terme inexistant en masri-arabe) ; pour s’en assurer, y a qu’à vérifier les textes des bardes et poètes de cette région centrale nordafe et… faire un tour en Espagne ou écouter un mot espagnol, celui-ci par exemple. Exact, ce que le kabyle, où l’article (l’) est indissociable du nom, désigne par levdha (éternité) et idem pour l’algérois lebda (tout le temps) est ce que l’espagnol appelle La Vida, la vie. Cette petite interférence entre le centre (Alger + Kabylie) et l’Espagne suffirait pour fissurer le mur des dogmes et ouvrir une piste à des histoires sans doute intéressantes. 

Passons au concret au maintenant, au sujet de l’Espagne justement qui va être comparée à ses sœurs latines :
La Re-conquista espagnole fin 15 siècle a déposé les Maures musulmans ;
Le Re-naissance italienne fin14 siècle a mis fin au Moyen Âge ou l’âge sombre ;
La Ré-volution française fin 18 siècle a dépose la Monarchie.
 

Etrange corrélation n’est-ce pas entre ces histoires de « copie 4 » ? Outre l’an zéro de tous ces révolutionnaires, le bénéf, c’est que l’on comprend que le Maure (du grec mavro « noir, sombre ») serait forcément un monarque, ce qui corrobore ce qu’on disait plus haut su sujet du Maure d’Alger – ça serait un titre ! Un petit coup d’œil à le version de la « copie 2 », elle n’est pas historiques mais liturgique, comme d’hab, et c’est d’ailleurs le cas pour leurs collègues monothéistes, où l’Egypte ancienne est Ignorance (jahiliya), càd l’équivalent du Moyen Âge de la « copie 4 ». L’équivalent de Renaissance/Reconquête/Révolution pour ces camarades bigots de tous bords, c’est bien entendu l’Exode, la Hidjra. Je vous laisse tirer vos propres conclusions à ce sujet…

CLIP
On écoute maintenant le grand maître kabyle Ccix L’Hasnaoui. Cette chanson des années quarante, je le découvre, aurait été reprise par un chanteur tamacheq. Relisez, s’il vous plaît, le billet Apollon sur ce blog… C’est bon, vous êtes ça est, et je peux vas-y-re ?(« tout le monde est prêt, je peux commencer ? » en sabir franco-kabyle :) ). Let’s go, alors. Le plus beau des hommes, l’homme beau comme un dieu, c’est ça :
Vulayun en kabyle = Apollon en grec, Apollo en latin = Bologhine = Pharaon en égyptien ancien


Echec et mat, victoire de la mémoire du peuple (kabyle) sur les thèses acquises car écrites des camarades bigots pourfendeurs de la langue kabyle :


1) Préfixe Vu « maître/porteur de » (propriétaire/trait physique ou de caractère) en kabyle = Per en ancien égyptien = Bou en arabe populaire nordaf dans les patronymes = Abou en sémitique-arabe pour « père » : la différence est évident, la référence égyptienne est encore plus flagrante !


2) la3yun en kabyle ce sont les sourcils, noirs forcément (mavro « noir » en grec viendrait de là probablementt) et bien fournis, et dessinés (pas de broussaille svp !) – c’est la marque de beauté masculine par excellence chez les Kabyles. C’est la marque de monarque, le lien entre le Maure d’Alger et le Pharaon d’Egypte : Pharaon a évolué vers Bologhine (un Maure, ou prince maure) puis Vulayun. Quant aux camarades sémites ô combien prétentieux, le « âa » de Perâa (pharaon) date de l’Egypte ancienne, et on ne vous a strictement rien emprunté, pire encore, le « ayn » (oeil, source, fontaine) en sémitiques (arabe, hébreu) est une interprétation différente (œil) de celle du kabyle (sourcils). Pour les chiffres, le million (1 000 000) serait ce Vulayun-pharaon, miya (cent) en kab ou le mi1 (cent) en masri-arabe tiendraient de ce coup de glotte « â » égyptien ancien (alef ou alpha n’est donc pas sémitique mais repris sur l’ancien égyptien) dans le nom de per-âa (pharaon).Rien à foutre donc des allégations des cosmopolites invétérés et apologistes zélés de la langue liturgique, communément appelés les « khorotos »:), qui se sont pliés en 4x4 pour nous gâcher la fête de Yennayer ces derniers jours, seule l’immense Egypte ancienne des Lumières, qu’eux désignent par la Jahilya (l’ère de l’ignorance), constitue une VRAIE référence pour nous : seul l’original fait foi en cas de litige !
Y a un truc encore plus costaud et il concerne un pharaon bien précis –  vous le devinerez facilement d’ailleurs – qui va dézinguer les thèses des copies 1 et 2 confondues, mais je préfère en parler une autre fois. A prochainement !
 

P.S.
Il faut chercher maintenant le Phare d'Alger à Bologhine...

jeudi 12 janvier 2017

La Toile de Fond

Cro-Magnon Orchestra

Hier soir, j’ai vu un film qui se passait aux Etats-Unis, le héros voulait rentrer chez lui… En fait, c’était avant-hier, et le film en question est The Man from Earth (avec sous-titres en fr.), et le héros contemporain était né, figurez-vous, de la dernière pierre polie :). Un homme du néolithique, en somme. C’est l’occasion de parler du grand art et du Cro-Magnon pour célébrer l’humanité.


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On ne sera jamais reconnaissant envers la regrettée Nna Taos Amrouche pour son grand art, qui lorsqu’il sera vraiment compris, ouvrira grand les yeux à celui qui se considère comme partie intégrante de la culture kabyle. Ce jour là, la Kabylie aura son opéra avec ses divas sopranos et ses barytons. Pour le moment voici cette voix de femmes kabyles sous une enveloppe masculine, avec une voix d’homme au bendir et accompagnée d’un joueur de flûte. Regardez et écoutez attentivement ce chant kabyle avant notre voyage dans le temps, vers le néolithique.

Regardez bien cet image l’art rupestre de l’homme du néolithique qui nous vient du Tassili. On y voit une scène de chasse ? Assurément, mais pas seulement, car c’est toute l’histoire du Cro-Magnon que l’on peut y deviner, en comparant cette image à cette du chanteur baryton kabyle sur le clip. L’homme Cro-Magnon, après une partie de chasse, rentrait dans home sweet home ou son temple – sa grotte pour pratiquer un autre exercice, exclusivement spirituel : la création, les arts. Le chasseur range son arc et ses flèches, les fourrures et peaux d’animaux qu’il a chassés pour en faire des instruments de création et devenir un artiste, un chanteur, un peintre.


Je vais vous faciliter la tâche, même si le sujet en question sera traité de façon détaillée ultérieurement. Quand on parle des écritures, on devrait surtout prendre en compte des supports d’écriture. Ainsi, le mandarin (chinois) et le marocain-maroquin vont s’apparenter via le bendir (tambour), ou simplement la peau de bête séchée et tendu qui sert de support à la musique (aux sons) mais aussi aux lettres. Maroquinerie ou le CUIR évoque la peau de bête, utilisée pour les percussions, mais c’est aussi un support d’écriture. Je suppose que les gardiens de chèvres ou chasseurs de caprins sont devenus les premiers tanneurs le jour et premiers joueurs de bendir (des chamanes donc) et drabkis (percussionnistes) ou idebalen (tambourins) le soi dans la grotte-temple de l’homme du néolithique. 


La tension  est l’élément essentiel de cette évolution de l’homme vers la création de sons et d'images : le ligament (de taureau, vache ou autre animal) souple de l’arc améliorait les résultats de la chasse et la vitesse de la flèche qui siffle à travers l’air ; cette flèche deviendra la flûte le soir dans l’opéra du Cro-Magnon, l’arc un bendir ou une guitare, la peau tendue de l’animal chassé donnera un bendir ou autre instrument de percussion (tambour, tam-tam, batterie, caisse, etc.). Il a fallu aussi tendre son bras, sa main en pinceau pour peindre...

Que fait le chamane, sorcier ou magicien, de la tribu, qui en termes modernes, serait la star ou soliste d’un « Cro-Magnon band » ? C’est lui et lui seul qui prête sa voix (peut-être la voix est-elle l’arc…) pour faire de l’animation. Et ce n’est pas de l’animation - divertissement comme de nos jours )) Ces figures peintes, comme les écritures d’ailleurs, sont plates, le chamane joue de son instrument et chante pour les animer. Ce bendir nordaf, dit a-vendayer ou a-mendayer en kabyle, existe partout : la mandole, pandura en grec, pandora chez les Romains, bandura (guitare ou mandole) en ukrainien, etc. 

Le chamane ou le soliste Cro-Magnon qui donne de la voix pour mettre des notes sur les couleurs rupestres et tape de la paume de sa main sur le bendir, veut simplement les animer, leur donner une âme pour que se déroule le récit de ses congénères. C’est l’explication même de l’art, des instruments de musique : Bendir ou amendayer/avendayer ont un lien direct avec l’âme, le chant, la musique, l’art - imen est le « soi » en kab, en masri-arabe, et l’âme en chaoui. La flûte de notre flûtiste kabyle ou cro-magnon serait liée à la flèche, oui, mais aussi cet instrument à vent serait à l’âme et à la matière dont il consiste, le roseau :
aghanim (roseau) en kab ~ gheni (chanter) en kab et masri-arabe, anima (âme) en latin
anubish (roseau) en berbère de Siwa (Egypte) est quasiment le nom d’Anubis, le chacal peseur d’âme. Donc le shnu (chant) en kab est peut-être issu de ushen, ouchène (chacal, renard/canidé). Le nefs (le soi, âme, esprit, souffle, respirer, aspirer, inspirer) en masri-arabe et en kab ne serait-il pas dérivé de NBS du nom de la divinité Anubis ?
 

Vous pouvez à présent visionner et écouter de nouveau le clip kabyle en haut de la page pour ressentir ce lien à travers les âges entre le culte du Cro-Magnon du néolithique et la culture de l’homme moderne, et comprendre que feu Nna Taos Amrouche a célébré l’humanité dans ses chants sortis droit du fond de son âme kabyle, un véritable hymne au Cro-Magnon.

Une chose très banale : la peinture rupestre, la peinture tout court, sort droit de ce bendi et/ou de la paume de la main, ou des cinq doigts. La khamsa des Nordafs et qlq autres Méditerranéens orientaux (Turquie, Levant), mais qui ne fait pas partie du patrimoine des « autres » (elle est d’ailleurs interdite par leurs religieux comme symbole de magie et contraire à leur religion). Etrangement, cette khamsa (V, penta en grec) rappelle le roseau en russe – kamysh. 

Chez les peuples asiatiques, les Japs ou Chinois par ex., cette penta ou palme  de peinture se retrouverait dans … un éventail, outil à vent aussi :)). 
La peau de la bête ou son cuir tendu constitue la TOILE du Cro-Magnon, qui lui a servi non seulement à se couvrir, mais à se cultiver, à peindre, à chanter, à tambouriner (tval, tobal en kab).  C'est la toile de fond de notre évolution, un fond commun de tous les humains modernes !
Toujours est-il que la Peinture serait probablement issu de l’impression de la (paume de la) main du Cro-Magnon, la Penta en grec, le chant de Quinté en latin, etc. Les Anglois, I guess, ont vu dans cette quinte-penta spirituelle ou khamsa dite de Fatma, une empreinte tout simplement, un… fantôme, le fantôme de l'opéra du Cro-Magnon !

Hasard du calendrier, nous sommes un jeudi, le « jour de Dieu » depuis l’époque romaine, lekhmis en kab et al-khamis (5ème jour) en masri-arabe : l’opéra du Cro-Magnon se jouait sans doute une fois par semaine, le 5 jour – le jour de la foi, le jour de la muse : afus (main) en kabyle serait le terme kab qui conviendrait à ce lexique (muse, musée, etc.).
Et puis non, ce n’est pas Diego, ou San Diego pour certains, qui aurait inventé la « main de Dieu » - le peintre Cro-Magnon du néolithique l’a devancé ! Les Français non plus ne sont pas les premiers impressionnistes de l’histoire – les Cro-Magnons, nettement moins arrogants, je présume :), les ont devancés ! Pour ce qui est de nature morte, faut voir du côté des Néandertaliens, de vrais légumes ceux-là :))

Laissez-moi vous dire que c’est à la manière de chanter, de jouer de la flûte, des percussions et d’autres instruments de musique par tel ou tel peuple (folklore populaire) peut nous raconter beaucoup de choses sur leur passé. Ainsi, les Celtes avec leurs druides d’antan et les Kabyles et autres Berbères avec leurs prêtres d’antan démontrent mieux qu’ils ont préservé mieux que quiconque ce patrimoine à son état naturel (la cornemuse par ex.) attestant ainsi cette relation ininterrompue avec leurs ancêtres Cro-Magnon du néolithique ; ailleurs ces traces ont été laminées pour raison d’Etat et par les élites avec leurs cours et ses « arts monnayables et perfectionnistes » donc prémédités. Est-ce étonnant que le style celte et le style kabyle, berbère s’allient si bien et nous plaisent tant ? Démonstration avec ce morceau kabylo-breton u groupe de musique berbéro-celte Mugar sur fond de paysages kabyles, perso j’adore !


Cette sortie au musée du néolithique – remarquez, il n’y a pas de « chaîne » (queue) ici à la différence des musées « monnayables et prémédités » de notre époque – est ma façon à moi de vous souhaiter un Joyeux Yennayer : Assugas amegaz (Bonne Année) et bonne fête à tous les Cro-Magnons !

La Suisse Sauvage

Adrar - La montagne à l’heure kabyle
 

La Kabylie évoque la montagne par excellence, et l’inverse est vrai. Aujourd’hui, je le sens, vous allez, chers amis, regarder autrement la montagne kabyle. La Kabylie et ses montagnes a toujours été adorée et chantée par ses enfants. L’étranger, ou à fortiori l’importun, ne lui trouva jamais de traits adorables, et même lorsque tel fut le cas, l’étranger, tombé sous le charme de la Kabylie, n’omettait jamais de mettre un peu de fiel dans sa description de miel du Pays Kabyle avec, comme il le pense, une comparaison valorisante à une culture de référence : pour qui la Kabylie rappelle la Grèce, oui, mais en haillons ; pour qui la Suisse, oui, mais sauvage. On peut s’en indigner, c’est vrai. Quoique leur opinion nous importe peu, à vrai dire, car il n’est point d’opinion favorable venant d’un oppresseur. Il est surtout impératif que les Kabyles comprennent leur pays, ses montagnes, ses vallées, son littoral, ses arbres, ses traditions, sa langue, etc. Il devient urgent de replacer le Kabyle dans son système de valeurs, son système de coordonnées, dans son espace-temps kabyle surtout que le revival du Pays Kabyle tape à nos portes depuis un bon moment pour sonner l’heure de la Renaissance kabyle 

La plus importante ressource du Pays Kabyle (Thamurth leqvayel) est, bien entendu, humaine, mais la montagne prend une place prépondérante dans ce qui constitue la richesse de ce pays, c’est même la pierre angulaire de l’édifice kabyle. Tout est relatif à la montagne, une protection contre l’invasion du désert et une source d’eau par excellence. Le montagnard kabyle n’use pas des points cardinaux usuels (N-S, E-W), il utilise la dualité a-sammer (l’adret ou le versant ensoleillé de la vallée de sa montagne) vs a-malou (l’ubac ou le versant ombragé de la vallée de sa montagne), comme il se fait ailleurs (Alpes, Pyrénées), mais aussi de la dualité WD wada (bas, aval) vs FL fella (haut, amont) qui en plus d’être une notion d’espace (relief), est aussi une notion de temps : swada (bas : dès le début), s'ya dha sawen (haut : (dorénavant, à partir de maintenant, càd après). Aval vs amont pour l’espace, avant vs après pour le temps. Ainsi le Kabyle montagnard a tracé son système de coordonnées. Si par exemple, il était venu d’Egypte avec son grand fleuve, il aurait tracé le chemin ou l’artère principale de son village (avridh) en l’apparentant à un fleuve et donc la circulation à la navigation. Aller vers le haut (fella) ou monter, c’est all’i dha-sawen, (pente montante) à contre-courant donc il faut mettre les voiles ; allers vers le bas (wada) ou descendre, c’est sub sa kussar (pente descendante) – sans voiles, en suivant le courant d’eau qui coule en gravitaire. Voici donc une brève description du système de coordonnées kabyles ou des « cardinaux kabyles » : Ubac vs Adret (par rapport au soleil) + Bas vs Haut (par rapport à l’eau et à la gravitation). C’est bon, l’espace-temps kabyle est désormais clair, il ne reste plus qu’à y positionner l’élément dominant et déterminant de cet espace-temps kabyle, la montagne, bien sûr !
adhrar = le mont, la montagne ; au pluriel idhurar = montagnes
NB : ce terme adhrar, adrar (mont, montagne) est commun à toutes les langues dites « berbères ». Il pourrait avoir un rapport avec le grec hydra ou hudor (eau). Montagne = clepsydre, pourquoi pas !
Et voici ce que signifient ces montagnes, dans l’espace-temps kabyle du moins :.

idurar (les montagnes) en kab = les horaires, heures, montres en fr.

Ben oui, la Kabylie avec ses montagnes est bien une Suisse, mais pas une sauvage. D’ailleurs, le temps peut-il être sauvage même si certains pensent l’avoir domestiqué ? Non, il est indomptable comme la montagne. Les Suisses, à la différence des Kabyles, ont réussi à le monnayer en reproduisant leurs montagnes sous une forme miniature : les horloges et les montres suisses ! La montagne kabyle s’appelle adrar et non pas djebel (montagne en masri-arabe), et la Kabylie n’est pas une Suisse sauvage, comme aimait le dire le général Daumas (thevra yemmas !), mais une Suisse désintéressée et sans horloges ni trains d'ailleurs :)), non-mercantile avec des montagnes-temps non-monnayables, peut-être à cause d’une conviction (religieuse ?) qui définit ce rapport désintéressé au temps surtout que la Kabylie n’a pas eu son Calvin ni un quelconque autre réformateur ))  Du reste, il n’y a aucune honte à s’inspirer de l’exemple suisse pour faire prospérer le Pays Kabyle.


La montagne kabyle, c’est l’heure kabyle. Les noms de monts culminants du massif du Djurdjura tels que Tamgout ou Lalla Khedidja (ou Khlidja) seraient des notions de temps (et pourquoi pas, une future marque de « montres kabyles » à l’image du Mont-Blanc dans les Alpes), des repères dans le temps et dans l’espace. Ainsi, j’espère, votre regard sur le Pays Kabyle et ses montagnes sera tout autre désormais, un regard neuf d’un observateur attentif surtout si vous êtes amateurs de belles montres :))

Les « chemins qui montent »(et ils descendent aussi grâce à la gravité !) du Pays Kabyle sont aussi une notion de temps, et un artefact très judicieux du point de vue de notre histoire, de notre identité.
Une notion d’espace s’applique pour le temps, comme pour avridh (chemin, voie, route) qui est aussi « fois, times en anglois, multiple ».Le nombre de fois se dit en kabyle soit avridh, iverdhan au pl., soit thikelt, thikwal au pl. C’est donc soit le chemin/la voie/la route avridh, abrid sachant que VR-VRN atteste la rotation (vren), soit la circulation/marche/mouvement thikli, ou akli (esclave, boucher/bourreau), akal (sol, terre), pour thikelt qui atteste le nombre de fois, le nombre de cycles. En réalité, ce sont deux boucles, une petite et une grande : un jour ou 24H (rotation de la Terre autour de son axe) et une année (révolution ou un tour de la terre autour du soleil). NB : Par ailleurs, le terme iverdhan (chemins/voies/routes, fois) est utilisé pour désigner le « droit chemin », qui n’est pas une ligne droite, mais un tracé bien précis, une orbite. Sortir du droit chemin (ts-fegh iverdhan), c’est sortir de l’orbite assignée.


Donc VRD ou BRD de avridh et KL de thikelt sont des notions de temps également, reste à déterminer qui est le « petit cercle » et qui le « grand cercle ». Le chemin/voie (avridh) semble être un axe de circulation donc le « chemin qui monte » (et descend car il est en pente, incliné) en Kabylie ferait bien l’axe incliné de rotation de la Terre, son tour complet fait 24h, soit un jour. KL de thikelt (fois) et thikli (circulation, marche, mouvement) a tout d’un cycle et semble proche de KL de akal (sol, terre), sauf que l’on ne peut exclure sa relation avec le soleil et/ou avec l’orbite de notre planète autour du soleil, une ceinture en qlq sorte. Regardez maintenant ces interférences avec notamment les langues germaniques :
VRD - avridh (chemin/voie, fois) et KL de thikelt (fois)-thikli (circulation, marche, mouvement) en kab.
Volta (fois, tour) en italien, vuelta en espagnol ;
WLT – welt (monde) en allemand ;
WRLD – world (monde), vault (saut, pivotement), belt (centure) en anglois qui par century désigne un « siècle », appelé qarn en masri-arabe.
 

Ce couple Jour-Année, « petit cercle » vs « grand cercle » dans avridh vs thikli en kab, se présente comme un engrenage de deux roues d’une horloge. Le système solaire serait comme une horloge ou à un train d’engrenages, et dans notre cas, le Jour apparenté à avridh (chemin, route, voie) en kab serait la petite roue, le pignon. Avoir pignon sur rue, c’est français, et pourtant ça épouse la logique suisse sauvage, kabyle quoi :))

Une surprise pour boucler ce billet, avec cet engrenage KL de thikelt (fois) - thikli (circulation) + VRD de avridh (chemin, fois) dans une version grecque (les noms sont en grec) d’un espace-temps très ancien :

Photo
Thikli et Avridh en kabyle ~ Tigre et Euphrate, respectivement.
NB : Il ne s’agit pas de banale proximité phonétique (d’ailleurs les noms des fleuves sont en grec), mais d’une corrélation de deux logiques d’origines différentes. Ainsi le terrible Akli pourrait être un tigre ))
 

Les fleuves du temps. D’un temps bien précis : celui des Sumériens de la Mésopotamie (pays entre 2 fleuves). Etrange coïncidence surtout que le sumérien, la première écriture de l’histoire, est un isolat, càd qu’il est inclassable et n’a rien à voir avec les langues sémitiques voisines - tiens, tiens, ça me rappelle qlq chose ça ! - et que, et ça je l’ai découvert depuis un bon moment, le dieu Anzar des Kabyles (et des Berbères d’une façon générale), un mythe fondateur, est quasiment le même que le dieu Enki ou Ea des Sumériens. Ceci, je l’avoue, me laisse perplexe, car il est bien plus simple de calculer le rapport de transmission entre la roue et le pignon, entre le petit cycle et le grand, le jour et l’année (~1/365) ou même celui des fleuves Tigre et Euphrate, que d’y voir et d’essayer de comprendre le rapport en l’espace-temps kabyle et l’espace-temps sumérien …
 

Il est évident que celui qui a vécu entre deux fleuves – les Sumériens, ou sur un fleuve – les Egyptiens, quoique le Nil était aussi divisé en deux : le Nil blanc et le Nil bleu, une fois exilé dans un pays coincé entre la montagne (blanche) et la mer (bleue) – mer méditerranée (entre terres, dite « mer blanche du milieu » en masri-arabe), comme c’est le cas pour la Kabylie, devra sauvegarder son savoir-faire qui va se manifester très clairement dans son rapport à la terre, à l’eau (aux sources) et à l’espace-temps. Autrement dit, il doit avoir des connaissances remarquables dans des domaines bien précis : Irrigation, Astronomie, et être détenteur d’un mythe fondateur évocateur de son identité, celui d’Anzar et celui d’Enki (Ea) ayant rapport à la divinité des eaux, donc du temps, sont un excellent exemple en la matière.
Je vous laisse avec l’énigme sumérienne qui s’est invitée dans l’espace-temps kabyle.

A prochainement !

mardi 10 janvier 2017

La Langue Intime

Grand oral kabyle, petit plat latin.

Le kabyle quitte son intimité des chemins qui montent lorsqu’elle se retrouve dans le plat-pays. Pourquoi est-ce la langue kabyle n’a longtemps pas eu d’écriture et les Kabyles ont usé de langues et d’écritures étrangères pour palier à ce manque ? En réalité, il y a une explication toute prête, vous la trouverez à la fin de ce message. Mais d’abord, une épreuve nous attend…


AVANT-PROPOS
On ne le dit pas, on ne le pense peut-être pas assez, mais l’écrivain public est plus qu’un scribe, c’est aussi un traducteur qui fonctionne en mode récepteur-émetteur ! Je vais me livrer à cet exercice pour tenter de saisir la nature du passage de l’oralité à l’écrit, du kabyle au latin (français), et par la même occasion, j’en profite pour rendre hommage au chantre kabyle, Dda Lounis Ait-Menguellet, et essayer de comprendre sa dimension sur une échelle autre que capable, autrement dit à qui est-il comparable dans ce registre bien précis. Bon, le kabyle quitte son intimité en entrant dans le plat pays des écrivains publics, càd le quartier latin.

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LES TROIS MISSIVES
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Prends ton stylo,
A moi le verbe haut, à toi les belles lettres !
Prépares-en assez de papier,
Je veux vider mon sac.

Je te parlerai en kabyle,
Tu écriras dans la langue qui te convient,
Fais en sorte que chaque destinataire comprenne mon message,
Après tout, c’est ton métier.

Tu les rédigeras comme les lettres doivent l’être,
Des missives qui tu porteras toi-même aux destinataires,
C’est toi qui leur annonceras mes adieux.

Tu diras à ma chère maman,
Que j’implore son pardon,
Moi qui suis parti si loin,
En ce moment même où elle prend connaissance de mon message.

Moi et la vie, ça fait deux !
On ne s’est jamais rencontrés,
Elle se joue de moi comme d’un osselet,
A mon grand désarroi.
Ah si seulement je pouvais lui jouer un tour,
Ah si seulement j’étais courageux pour la quitter,
Pour échapper à son emprise,
Tant j’en ai bavé.

Mais comme le courage nous fait défaut,
La course à la survie nous l’ayant enlevé,
La peur au ventre à la simple idée que ce monde/la vie ne soit, après tout, rien de plus que la mort,
Vivement que je m’en extirpe !
«
Chère mère, le temps de mon exode est venu,
Mon périple vers nulle part,
Mon saut dans l’inconnu.

Tu sauras me comprendre, je sais
Qui saurait prétendre me connaître mieux que toi ?
Moi qui t’ai causée tant de soucis depuis que tu m’as donné la vie.

Né je suis sous la mauvaise étoile,
Et à peine si tu pouvais y remédier,
Tu l’auras compris le jour où tu m’as mis au monde,
Tu ne m’en voudras donc pas.

J’ai grandi dans la privation,
Sous le signe indien,
Qui sèche mes espoirs,
C’est ainsi, c’est la fatalité !

Adulte, je pensais vaincre la poisse,
Mais, mère, ça allait de mal en pire,
J’ai enterré mes espoirs, point final.

Je te laisse en paix et te dis adieu, mère
Cela ne te surprendra point,
Tu sauras déchirer cette lettre une fois lue,
Résigne-toi à m’oublier !
 »

Passons à la lettre destinée à ma fiancée,
Elle qui peut désormais enlever son alliance,
Tu lui rapporteras mon message mot par mot,
Apporte-lui la bonne nouvelle !
«
Cette lettre tu la liras, tu t’en réjouiras,
C’est ton grand jour,
Libre à toi, désormais, de choisir l’élu de ton cœur.

Le jour où ton père m’accorda ta main,
Après avoir forcé la tienne, je le sais,
Ton cœur fut brisé.

Aujourd’hui je t’ai affranchie,
Et t’ai rendu ton cœur tout neuf,
En t’espérant tout le bien du monde sur le chemin de ta vie.

Je ne suis sans doute pas ton homme,
Je fais partie des maudits et ma place est parmi les marginaux,
Moi qui n’ai jamais su être à ta hauteur.

Trouve-toi un garçon de ton rang,
Instruit, toubib ou commissaire,
Ou une lumière,
A ton image.

Cette lettre que tes yeux ont lue,
Tu essuies tes larmes de joie avec,
Puis tu l’écraseras sous ton pied,
En guise de point final de notre rupture consommée.
 »

Le tour est maintenant venu aux amis et à toutes mes connaissances,
Je te parlerai et tu sauras rapporter mes dires à chacun d’eux.
«
Adieu, compagnons de lutte ! Adieu les idéaux !
Nos chemins se séparent ici,
Je reviens sur mon serment qui nous lie,
De peur de ne plus pouvoir promesse tenir.

Vous qui aspirez à rendre le monde meilleur,
Vous qui aspirez que d’entre vous émerge le meilleur des hommes,
Vous qui avez juré de mener à bien votre mission,
Puisse-t-il en être ainsi !
Vous avez juré de vaincre l’injustice,
Et d’enterrer les pratiques douteuses,
Vous portez les espoirs de tout le pays,
Puissent vos efforts aboutir !

J’ai laissé la flamme de mon serment s’éteindre,
Je l’ai étouffée de peur que vous ne l’étrangliez,
Fidélité et amitié à la vie, à la mort, vous avez juré,
Mais ô combien je suis taraudé par le doute de vous voir un jour parjurer :
Peur que vous y renonciez le jour où la réalité, avec ses plaisirs et aléas, vous rattrapera,
Lorsque gagner sa croûte vous fera oublier tout le reste (spirituel),
Et le je jour où vous serez de repus gentilshommes,
Le monde vous paraitra ô combien parfait,
Malheur au bougre qui vous rappellera votre serment d’antan,
A mort ! vous crierez à celui qui viendra bousculer votre nouvelle morale.

Mes paroles vous indignent ? Pardon !
Mais il n’y a que la vérité qui blesse.
Une vérité qui dérange, nous apprend l’histoire,
Mes paroles ne sont qu’une leçon du passé, du déjà-vu :
Au final, chacun devient un papa aux petits soins avec sa progéniture,
Un clerc angoissé par son travail,
Un égoïste avec des amis à la mode,
Pour qui le monde n’est finalement pas si mauvais que ça,
Pour qui les idéaux d’antan ne sont que des lointains souvenirs,
Des idéaux naïfs, une regrettable erreur de jeunesse militante sans (bons) repères.
Mais personne n’est dupe, que cela soit dit : finis les sacrifices !
Personne ne veut aller au charbon pour que d’autres se chauffent les mains !

Voici des exemples pertinents,
Qui prouvent le bien-fondé de mes doutes,
Corrigez-moi si j’ai tort.
Faut-il rappeler notre légendaire jalousie (kabyle) ?
(véritable panier de crabes Kabs !)
Qui fait que si l’un d’entre nous émerge du lot,
Nous le sommes les premiers à vouloir sa disgrâce.

Chaque fois que le meilleur des hommes émerge parmi nous,
On fait comme s’il nous était soudain devenu étranger,
Nous sommes les premiers à le vouer aux gémonies :
On le condamne au bannissement sinon à mort,
Une fois chassé de notre milieu,
Ingrats, nous effaçons sa mémoire,
Et oublions vite que c’est lui qui nous a affranchis et nous a fait franchir des caps…
(Nul n’est prophète en son pays, pas kabyle ça ?)

A contrario, nous accueillons l’étranger comme un innocent, à bras ouverts !
Hospitaliers à cœurs ouverts, on s’empresse de lui inventer des vertus,
Pour le rendre parfait, irréprochable et intouchable parmi nous.
Mais malheur à notre frère de sang une fois déchu :
On ne lui accorde aucun pardon,
On le piétine sans pitié.
Les guerres intestines nous rongent,
Nous aveuglent et nous divisent,
Au point de laisser nos ennemis nous envahir,
Au « noble » prétexte de faire régner la paix entre nous.

Il n’y a pas de mots pour décrire,
Les légendaires guéguerres entre nos clans d’antan,
(NB : les partis politiques de nos jours ont repris ce flambeau)
Combien ont-elles emporté de nos vaillants hommes,
Tombés pour des motifs futiles ?

Tout ce que nos ancêtres ont semé et fait pousser hier,
A traversé les siècles pour nous parvenir,
Nous le récoltons aujourd’hui comme une leçon, une morale :
Nos aïeux n’ont pas vu que le loup était déjà dans leur bergerie,
Trop occupés qu’ils étaient à se chamailler et s’entretuer.

Il serait fatal de retomber dans le même piège que nos ancêtres,
De tourner autour du pot, de refaire les mêmes erreurs,
Erreurs fatales qui nous condamnent à ne jamais avancer.
Les aïeux étaient dans le tort,
Mais une faute avouée est à moitié pardonnée,
Regardons vers l’avenir compte tenu des leçons du passé !

Retenons ce qui nous unit, nobles citoyens !
Notre patrimoine, notre trait d’union : la langue kabyle,
Sortie du sein de la Mère Patrie,
Qui nous a allaitées tous,
Elle prévaut sur toute autre,
Prenons-en soin, il est grand temps !
Jadis cantonnée dans l’oralité,
Aujourd’hui elle a besoin de s’épanouir et de se pérenniser par l’écriture,
Pour allaiter les générations futures…



POST-SCRIPTUM
 

1. La traduction est très modeste, l'essentiel était de saisir ce passage du kab au latin (français). Une fois passée cette épreuve, j’ai saisi combien Dda Lounis a, plus que qui ce soit parmi les nôtres, développé le thème d’Etat et de Pouvoir. Toutes proportions gardées, bien sûr, mais ce que Shakespeare destinait ou soufflait à ces rois au travers de ses pièces, est d’une certaine façon fait par Dda Lounis pour ses congénères et concitoyens.
 

2. Alors pourquoi la langue kabyle s’est-elle contentée de l’oralité sans jamais oser adopter les écritures ? En fait, c’est très simple : passer de l’oralité au langage écrit revient, en langage moderne, à passer du 3D au 2D. Autrement dit, l’écriture est par définition PLATE, y compris le Latin. Adrar (mont) en kab/berbère serait le parfait Oral. La différence ? L’oral suppose une réponse comme l’écho d’une montagne, l’écriture sur support (ex.papier) ne répond pas, du moins pas sur-le-champ, c’est un support muet, plat, du 2D. C’est un sujet que je développerai séparément dans un prochain billet, mais il est quasi établir que l’Ecriture rime avec la Plaine, le Plat, la Table (de l’écrivain public) ou tablette du scribe d’antan, ou le parchemin, papyrus et papier servant de support à l’écriture. Le quartier latin est aussi un quartier plat, et l’écrivain public ou « nègre » devrait être un pied-plat. Il n’y qu’à retrouver les notions « plates » dans notre lexique kab pour les faire coïncider avec les noms de langues écrites ou des écritures (grec, phénicien, latin, masri-arabe, etc.). 

A prochainement !

vendredi 6 janvier 2017

Le Gamer

Le Méridien Romain et l’Effet Domino.

Au café maure, en rase campagne kabyle ou dans une ville du littoral, où le personnage excentrique côtoie le joueur passionné, le loquace fait équipe avec le taiseux pour une partie de dominos avec comme seul enjeu une tournée de l’gazouze (limonade gazeuse) tant les jeux de hasard, les paris et autres vices sont prohibés dans ces lieux pittoresques du sud de la Méditerranée. Ce passe-temps favori des Kabs, tout comme des Nordafs, a été chanté par le maestro et l’un des plus grands maîtres de la chanson kabyle, feu Dda Slimane Azem. Fort de ce coup d’inspiration reçu de Dda Slimane, je vous invite à regarder tout autrement de jeu à priori banal, mais qui n’est qu’une projection d’un autre « jeu », plus sérieux celui-là…


CLIP
 

Vous savez, même en Russie et ex.URSS, le pays du jeu d’échecs par excellence, y en avait et il y en a toujours des amateurs du jeu de dominos, que les Russes désignent par zabyt kozla (littér. battre le bouc/caprin) pour « jouer aux dominos » alors que c’est par ryba (poisson) que le russe désigne la situation d’échec ou de blocage de l’adversaire dans ce jeu de dominos, ce que le kabyle désigner par ghleq (fermer, verrouiller, bloquer). Pour info, je suppose, que le russe/slave KZL de caprin serait comme notre GD de caprin/chèvre (agad, tha-gadt) et agadir (grenier, forteresse), ainsi que QSR de qasr (château) en masri-arabe, et que le nom russe Kozlov-Kozlovsky ou le polonais Kozlowski vont devenir Châtelain en français.

Mais revenons en Kabylie, si vous permettez. A vrai dire, c’est en essayant de comprendre le sens du RM de a-romi (Romain, Latin, Européen, Français, Chrétien, etc.) en kabyle, qui prend également le sens de « beau », que je suis arrivé à une conclusion assez étonnante :
GML de djamil (beau, chameau), djamila (belle) en masri-arabe ~ RM en kabyle pour le Romi, qui ne serait en fait qu’une altération de L par R (chose très fréquente en kab), ou plus exactement un remplacement :
RM de a-romi (beau) = LGHM de alghem (chameau, dromadaire) en kabyle, alghem/alem (chameau) en tamacheq (touareg)
On comprend pourquoi le beau et le chameau sont parents en masri-arabe, et que le Romi en kab pour « beau » tient de la même logique. Quand on dit en kabyle avridh u-Rumi (littér. la route romaine), on sous-entend une route carrossable, et avridh u-Rumi sera une route de caravane de dromadaires, ou simplement le u-Rumi (de Romain) serait le Drome du  grec dromos « cours ». Bref, un hippodrome ou un circuit de F1 serait aussi un avridh u-Rumi (route romaine, chemin romain) kabylement parlant :)). Tous les chemins mènent à Rome car c’est tout simplement un Rond Point, un pôle, ce chemin romain (avridh u-Rumi en kab) ! Place de la République à Rome, Place de l’Etoile à Paris ou Place du Rond-point avec son café maure à Tizi, on est dans le même cas de figure. Tous les chemins mènent à Rome = Tous les méridiens se rejoignent au pôle ! Avridh u-Rumi, le chemin romain, va donc être un méridien aussi !

http://artuk.org/discover/artworks/the-domino-players-181903
                                                                     Source
Maintenant voyons ça en format 4:3, surtout qu’on est très vieille école, nous les Kabs :)), et qu’il n’y a pas 16:9 en matière de dominos. Regardez cette pièce 4:3 de domino et vous comprendrez tout. Toujours rien ? Voici de l’aide en tamacheq : nos frères imuchagh (Kel Tamacheq dits Touaregs) désignent par grande chamelle (mère) et petite chamelle (fille) la Grande Ourse et la Petite Ourse, respectivement. Vous l’aurez compris, le jeu de dominos est un produit dérivé de l’astronomie. 


On comprend que le Chameau/Dromadaire kab et tamacheq, Alghem et Alem, serait un joueur. On comprend que le Caprin et le Poisson du russe relatifs aux dominos, ce sont aussi des noms de constellations et de signes du zodiaque : celle du Capricorne et celle des Poissons fermerait le jeu signifiant la mise en échec de l’adversaire. Voici qlqs autres conclusions à retenir :

- le Jeu serait parent de Château en fr. , Castle en ang., Qasr en ar., KZL en slaves et agadir en kab, punico-berbère ;


- le Chameau serait le Joueur, et c’est tout naturellement que l’anglois Gamer (joueur) s’apparente au masri-arabe Gamel, djamel (chameau), djamil (beau) et de la lettre Gamma, Gimel en phénicien ;
- une Constellation est un Château aussi probablement ;


- on dit que le jeu de domino à 28 pièces (chaque dé étant une combinaison de chiffres) est une invention chinoise, et je crois que c’est plutôt vrai lorsqu’on connait les 28 constellations chinoises ; les dominos, c’est donc une façon d’apprendre le mouvement des astres, et de tenir une partie de l’univers dans la paume de sa main, soit 7 constellations :)) ;


- le terme « domino » ne devrait-il pas prendre un R comme drome, dromadaire ? D’ailleurs les chiffres romains – chiffres ronds ? – devraient trouver leur explication dans ce parallèle domino-astronomie ; et d’ailleurs, le beau a-Rumi, le Romain, ne serait-il pas aussi un astronome ? ;


- l’expression « effet domino » équivaudrait à quoi pour un astronome et joueur de dominos ? A la précession des équinoxes tout simplement ! Ou le déplacement des 12 constellations avec le temps.
Maintenant que l’on a cet outil domino-astronomique (28 pièces - 28 constellations pour les Chinois), on peut légitiment supposer que les 48 constellations de Claude Ptolémée pourraient avoir une relation avec un jeu quelconque à 48 dés, pièces, cartes, figures…


Les chiffres, romains ou autres, les lettres, phéniciennes ou autres, se voient dans les constellations d’étoiles, des pointillés repris sur de banales pièces de dominos. Qui y aurait pensé de nos jours ? C’est en compagnie du Old School Gamer, càd Joueur – et Chameau par la même occasion – vieille école, le joueur de dominos du café maure chanté par le regretté Dda Slimane que nous avons ouvert cette petite porte vers les cieux la tête kabyle dans les étoiles...


A prochainement !

dimanche 1 janvier 2017

LORD II

Les autres colonnes d’Hercule
 

Bonne année 2017 pour commencer ! Cette année devrait nous apporter beaucoup de surprises, du moins sur ce blog. Pour la mise en bouche, voici un billet qui a étriller les représentations du monde imposées par les versions officielles et autres légendes sacralisées. Et c’est en compagnie du rayannont et toujours souriant maestro Dda Akli, au nom très évocateur – Akli et le proverbe kabyle avec lexique requis pour l’occasion – y mud Rebbi irdhen i-yir thugmas (Aux sans-dents blé dur Dieu a donné, pour le comble du gâchis quoi !) et ayla medden labud y-sa3a a3asas (Le bien d’autrui est toujours bien gardé)  –, que l’on va faire cette petite découverte.

CLIP


Rappel
La racine « fardée » KL kabyle, un K aspiré comme le CH allemand de Ich, est celle du mouvement, marche, circulation (thikli), du sol/terre (akal), akli (esclave, bourreau/boucher) et du « terrible Akli », épouvantail craint par la marmaile kab’; éclatée en KHL, cette racine donne, entre autres, kahlush, Kahlouche (négro), sans doute l’équivalent du Carlos (karlouche en port.) en esp., Charles en fr., ang., Karl en all. Bref, le prénom kabyle Akli serait équivalent à Carl, Carlos, Charles de l’autre côté de la Méditerranée.

ROYAUME
On va aller à l’essentiel en nous plaçant dans l’antique royaume de Maurétanie césarienne (Cherchell-Alger) armés de notre lexique kabyle et pas seulement.
Maure de mavro (noir) en grec = M.WL de i-mawlan (les parents, géniteurs, maîtres-propriétaires) en kabyle, au pluriel donc, son singulier serait normal Mwl qui n'est pas utilisé en kab, mais uniquement du côté de l'Oranie et du Maroc pour Moul (le propriétaire de).
Ce terme existe toujours plus à l’ouest, dans le Rif et dans le royaume du Maroc : Moulay. Son vrai équivalent nous provient de l’anglois :
Moulay = Lord

La chambre des parents chez les Kabs, c'est la chambre des Lords chez les Anglois :)
On y reviendra en détails le moment venu sur ce sujet, retenons ce rapprochement pour le moment. Il s’agit de Parent-tuteur-nourricier (un lord/seigneur en somme). Par ailleurs, le terme kabyle ag’lid (roi, prince) va s’aligner sur les parents version masri-arabe WLD (l’waldin, al-walidin). Tout s’explique dans la racine KL qui serait la même que GL, YL et WL :
WL : imawlan = les parents, les propriétaires-maîtres (owners en anglois), les Maures ; cette racine serait parente de l’angloisWHL de wheel (roue) ;
GL, YL : Ayla, agla en kab = bien, possession. uglan = dents, canines, crocs
KL : akal = sol, terre et imekli = repas de midi, déjeuner en kabyle s’apparenterait à 1akl (nourriture, manger) en masri-arabe et à la notion de Cycle du grec kyklos.
 

Compliqué ? Limitez-vous alors aux conclusions que voici :
 

- Le terme Géniteurs (Parents) serait Radial et en tout cas en lien avec une Roue : arrew (accoucher, mettre au monde), rudha (roue) en kab se placeraient ici tout comme Rod (genre), roditel (parent, géniteur) en russe ;
 

- La relation Parent-Enfant est plus simple à comprendre pour un… mécanicien : c’est la Roue-Pignon, un engrenage de roues dentées : une motrice, l’autre asservie. La roue, c’est un moulin, une meule, une roue hydraulique, etc. Devinez maintenant ce que les dents kabyles (thughmas, uglan) signifient dans cet engrenage ou horloge, ou la roue d'un moulin ? Thughmas (dents), c'est simplement la transmission (du mouvement) ! On y reviendra plus en détail là-dessus ultérieurement pour notamment expliquer le nom de Cirta-Constantine ;
 

- idem, le terme kabyle iredh (blé, dur s’entend) ou irdhen (épis de blé dur) est radial et/ou droit/vertical – iredh (épi de blé) serait parfaitement illustré par un Obélisque (comme celui, égyptien, à la place de la Concorde à Paris) ; il équivaut au Rayon et… au Lord qui nourrit ses sujets, et comme on le verra plus loin, il devrait s’apparenter à deux autres notions dont celle du temps ;

- KL, GL, YL,WL en kabyle seraient abrégées et leur forme complétée serait Royale, régalienne et Règle, réglementaire et donc Légale, et vraisemblablement Radiale aussi ;
 

- Youm, nous dit-on, est un terme sémitique signifiant « jour ». Voici mon avis : Youm (jour) en masri-arabe, en hébreu serait parent du français Royaume. Qameh (blé) en masri-arabe serait parent du kabyle tha-qamets (colonne haute ou tronc d’arbre droit et haut, et excusez-moi, une verge en érection, donc un symbole phallique), cette même racine est dans lemqam en kab identique au masri-arabe al-maqam (temple). On tient ici la notion de temps aussi. Le temps serait le Royaume de Dieu, avec son temple, son horloge, son carillon et son moulin du temps.

Le royaume, on dirait, serait associé à une roue, à un moulin. Le temps aussi...
http://www.slateafrique.com/sites/default/files/imagecache/article/2013-02-21_1450/ramsesii.jpg
LES 2 COLONNES D'HERCULE
Voici maintenant la conclusion qui nous intéresse le plus aujourd’hui. Remarquons d’abord que le « terrible Akli » (akli uzal, le bourreau de midi par soleil de plomb, c'est-à-dire le soleil au zénith et pas d’ombre) kabyle équivaudrait au méchant loup gris des peuples européens du Nord, et à un vampire. La racine KL ou KL est dans les dents, les canines plus exactement et dans les colonnes.
Oubliez la version officielle des Colonnes d’Hercules (Gibraltar, djebel Tarek en masri-arabe) et la légende de Dracula, car les deux font ménage !
 

Colonnes d’Hercule (Irakli, Héraclès en grec) = Canines de Dracula (vampire, loup)
 

Le « terrible Akli » ou ces colonnes d’Hercule de la légende seraient porteurs d’une notion rationnelle qui nous viendrait des observations de la mécanique… céleste ! Le rayon du soleil tombe à la perpendiculaire, c’est ça la légende kabyle du « terrible Akli », Akli uzal. C’est un phénomène qui doit avoir lieu 2 fois par an (les colonnes, les canines). La réponse nous vient de l’immense Egypte ancienne : deux fois par an, dans le temple d’Abou Simbel, le soleil apparaît deux fois par an sur le visage d’un grand pharaon ô combien connu…
 

Les colonnes d’Hercules, c’est peut-être ça, les calendes de Ramsès II. Et la légende kabyle du « terrible Akli »  – Akli uzal qui je rappelle, a été rapproché de la divinité Ptah pour d’autres raisons – serait peut-être en souvenir de Ramsès II le Grand (Grand Roi probablement) et de ce phénomène unique du soleil levant (pas celui de midi) qui éclaire la statue du grand pharaon au fond du sanctuaire. Le grand Akli ou Ag’lid (roi) de nos voisins du nord, Carlos Magnus ou Charlemagne se trouverait dans le même cas de figure, je présume. Et les 2 colonnes d’Hercules seraient peut-être non pas une notion d’espace mai de temps, en l’occurrence les 2 dates majeures pour Ramsès II : sa date de naissance et la date de son accession au trône, aujourd’hui le 22 février et le 22 octobre. Il est fort probable que ces 2 dates correspondent à 2 dates importantes dans le calendrier musulman : Petit Aïd pour la rupture du jeûne et Grand Aïd, dans notre cas Petit Lord et Grand Lord. Pour la petite histoire,en Kabylie, c'est Akli (le boucher) qui est en charge du sacrifice d'e l'agneau du grand Aïd. En tout cas, le nom et la titulature de Ramsès II dit le Grand mérite d’être scrutés à la loupe. Akli, en tout cas, est à coup sûr rayonnant !
 

A prochainement !

samedi 31 décembre 2016

Le Petit Prince

Le titre, le nom et le chiffre de l’érudit
 

Etrange est parfois l’inspiration, comme celle qui vous incite à voir un lien là où il ne doit pas y être. Et elle ne s’explique pas, cette inspiration, alors autant faire avec. Ainsi, à un moment donné, une idée, saugrenue en apparence, est apparue et veut que des noms de lieux ô combien familiers, en l’occurrence Ihesnawen (Hasnaoua) près de Tizi en Kabylie et le mont Chenoua à l’ouest d’Alger, soient rapprochés du nom des Ptolémée pour expliquer cette étrange corrélation de différentes histoires, à savoir celle des Fatimides (conquérants de l’Egypte, fondateurs d’Alger, partis de Kabylie soi-disant) de l’époque musulmane avec celle des Ptolémée d’Egypte d’une autre époque, et les deux pouvant avoir une étrange relation avec l’histoire de la Nordafe punique (antiquité). En somme, ce sont des versions de l’histoire d’un même espace (nordaf) mais éloignées dans le temps. Toujours est-il que ce sont les Ptolémée d’Egypte qui constituent la cible prioritaire de notre investigation. Je ne sais comment, mais c’est en compagnie du petit prince des temps anciens de la chanson kabyle, reconnu depuis fort longtemps comme le maître incontestable et N°1 de la chanson kabyle, feu Ccix L’Hasnaoui, que j’ai pressenti qu’il y a vraiment une chance de découvrir ce pan de l’histoire kab’ et nordafe.

Compilation Ccix L'Hasnaoui
(Merci au passage à la youtubeuse kab’ Dalila pour cette excellent compilation et l’upload)
 

Je ne peux vous faire écouter toutes les chansons du maestro kabyle, je vous demande juste d’écouter trois passages : à la chrono 17:27, puis 26:10 et enfin à 34:10, avec toujours le même mot qui se répète : L’Vaz. Vous connaissez bien le patrimoine kabyle, les fables kabs? Eh bien, il vous sera facile de comprendre ce qui va suivre. Notons qu’auparavant, une hypothèse a été avancée qui veut qu’il y ait un lien entre L’Vaz (oiseau fabuleux, souvent apparenté au faucon, époux de Thanina, la femelle du faucon) en kabyle et le sphinx qui renaît de ses cendres. Maintenant la nouvelle donne nous donne les éléments nouveaux suivants :
- Lvaz est au masculin, et il aurait un féminin (étrangement, personne à ma connaissance n’a encore fait ce rapprochement) : Tha-LVZ, c’est-à-dire Thallafsa (hydre, serpent) en kabyle !
- L’Vaz en kabyle = Prince
Le petit prince est exactement à la 17:27 sur la clip du maestro L’Hasnaoui : Lvaz amectuh ! Lui-même mérite ce titre de petit prince de la chanson kabyle ! Et le maestro nous donne une clé pour comprendre l’histoire :
L’Vaz en kabyle (voire même la3vuva (crack)) = Juba, le nom des princes rois de la Maurétanie Césarienne (l’Algérois quoi) de l’antiquité selon l’histoire officielle. Le plus connu d’entre les Juba est le deuxième, en kab il est forcément le plus jeune, et voici une très belle surprise :
Juba II = Lvaz amectuh en kabyle moderne = Le petit prince en fr.
Et la confirmation maintenant :
Thanina est l’épouse de Lvaz dans la mythologie kabyle
Séléné II est l’épouse de Juba selon la dite histoire officielle
Autrement dit, Thanina (femelle de faucon) en kabyle, symbole de jeunesse et de beauté féminine, serait Séléné en grec. Le tombeau de la chrétienne à Tipaza serait, dit-on, celui de cette Séléné, une Thanina-princesse donc, épouse du « petit prince » Juba 2 et fille de Cléopâtre, une Ptolémée donc. NB : Juste pour la petite histoire, notre Thasekurth (la perdrix), symbole de l’élégance féminine chez les Kabs, serait, à première vue, une… courtisane, si l’on replace dans une cour, dans un vrai royaume au lieu de celui des oiseaux des fables kabyles.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjfzqLWPhMZ4bPX-qHY0wch9jY44OhG5cVwqZlocTagri5IeuLBFjG737TGPZ_AUlS7pW4xYPlqLqzmyYuILoRPqXogrmylk6tyvxNF_48CK4qyzZMOQuuL6Iy6daqIQ7ZVB7xe42vxjuQH/s1600/buste_de_juba_ii_-_detail.jpg
Juba II – petit prince, Séléné 2 – Thanina son épouse, et tout laisse penser que le nom de la grande Cléopâtre, la mère de cette Séléné justement, devrait se retrouver en kabyle, peut-être que Cléopâtre 7 est simplement cette Thallafsa (hydre, serpent, ou (morsure de) cobra ?) kabyle.

Demeure la question : qui sont les Ptolémée version nordafe de chez nous ? A supposer que ptolémée ait été un nom commun (ex. droit, orthodoxe, etc.) à un moment donné de l’histoire, les Ptolémée version de chez nous ont tout pour être… les Kabyles, ce qui expliquerait pourquoi l’on prête aux Kabyles la création de la dynastie Fatimide, et mieux encore, établirait un lien entre Lagides et fameux aïeux kabyles : lejdud. On verra si cette hypothèse se confirme, mais déjà que l’on connait la particularité culturelle des Kabyles par rapport à leur entourage immédiat de par leur langue et leur culture profondément méditerranéennes, de par leur organisation sociale et politique (démocratie grecque vs démocratie kabyle, imravdhen –classe sacerdotale kabyle- vs église grecque), on se dit que cette hypothèse est plus que probable. Un autre petit quoique étrange prince n’a-t-il pas qualifié la Kabylie qui vivait ses plus sombres heures, humiliée et réduite qu’elle était à la misère par les envahisseurs un siècle durant, de « Grèce en haillons » ?


Qui est vraiment notre petit prince ? L’intuition et la simple logique suggèrent que c’est probablement le prince érudit, dont le chiffre serait 2 – sin en kabyle, celui du savoir, de la connaissance aussi : sen. NB : Séléné 2 en kabyle Thanina, aurait pu prendre le titre Thania (deuxième) en masri-arabe, mais il n'y a aucune trace de nom/titre arabe dans cette histoire. 

Prince érudit comme Juba 2, et le monument de son épouse Séléné 2 dit, à tort ?, « tombe de la chrétienne », aurait tout d’un monument à l’érudition, aujourd’hui planté en plein milieu du désert intellectuel de l’« Algérie arabo-islamiste », où le nul est prophète dans le pays des « djmal sahra » (dromadaires du désert, intellectuel s’entend !), et nul n’est prince dans son pays car Kabyle il est.
 

Ainsi s’achève ce deuxième volet entièrement dédié à la mémoire du petit prince puis grand maestro de la chanson kabyle, le regretté Ccix L’Hasnaoui. Sur ce, chers amis, vous avez mes meilleurs vœux pour l’année à venir : 
Assugas amegas ! 
Bonne année !