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vendredi 20 mai 2016

Golden Finger

DEM-3 : Le Doigt du Monde


Suite des deux billets précédents s'inscrivant dans le cycle DEM.


Bienvenus à l’école buissonnière qlq part en Kabylie, pourquoi pas DEM pour son nom de balance. Souvent je me pose cette question : Se trouvera-t-il un Kab suffisamment visionnaire et prêt à parier sur des projets à priori extravagants pour ne pas dire ridicule ? Par exemple, lancer une Soummam-2. Non, ce n’est le « Congrès de la Soummam – 2 », mais la première pierre d’un « édifice » qui s’appellera la « Soummam Valley » pour permettre à la Kabylie de se mettre dans le bain des nouvelles technologies (IT) et plus généralement pour avancer. Et là il faudra apprendre à exploiter à fond et correctement ses ressources humaines d’abord en se basant, entre autre, sur l’algorithme de « l’intelligence collective kabyle », soit l’imaginaire et la langue kabyles. C’est d’abord une question de mental et de conviction, donc de prise de conscience. Ce ne sont pas les nababs ou les édiles de l’Etat qui sont derrière la Silicon Valley, mais des esprits libres, et électrons libres donc. Se trouvera-t-il un garçon ou une fille kabyle pour apporter la première pierre (de silice, tha-nisha) à cet édifice qui propulsera demain la Kabylie vers le haut pour l’arracher au tiermondisme et au désert intellectuel de son voisinage ? Je l’espère, et quelque part, je sais, il se trouvera un tel ou une telle parmi mes congénères…
Pour le moment, pas de quoi pavoiser, on laissera ce plaisir aux générations futures :) A l’heure actuelle, la Kabylie vit une époque charnière mais « naïve ». Charnière car c’est un tournant, une véritable révolution que vit la conscience collective du peuple kabyle actuellement : c’est de bon augure pour faire évoluer les mentalités rapidement et dans le bon sens : celui de l’histoire et de la modernité, à condition de bien négocier ce virage. Naïve parce que la Kabylie a longtemps stagné car isolée du monde en permanente évolution, ce qui fait que les mentalités évoluées et les compétences lui font cruellement défaut. On n’apprend pas à nager dans un marais ou un dans un hamam de zaouiya :), il faut se jeter à la mer. Ce que la Kabylie a fait depuis 1980, sans nager pour autant, avec « Tamazight – langue officielle » comme bouée de secours autour de la taille et la main toujours accrochée à la perche de sauvetage – en réalité c’est une perche qui conduit au naufrage – que lui tend son « bienveillant tuteur » argelien qui passe ainsi pour son sauveteur et bienfaiteur, alors qu’il est celui qui le tient à sa merci et le conduit droit aux abysses de l’obscurantisme. C’est ça la naïveté kabyle, et c’est cette mentalité d’égarés qu’il faut faire évoluer, ou casser carrément. La langue écrite, Tamazight quoi !, reconnue à demi-mots, est une étape nécessaire et un outil pour permettre à la langue kabyle (dans un « cadre berbère » en plus !) de garder la tête au-dessus de l’eau tout en faisant du sur-place : pour combien de temps ? Il faut beaucoup plus que ça pour évoluer, pour ramener tout son corps à la surface pour le rendre au monde des Lumières. Il faut voler de ses propres ailes, nager en l’occurrence, battre des pieds et des mains, faire des vagues, se battre quoi ! Tout sauf l’immobilisme ! C’est une sorte d’examen de conscience qu’il faut. Il faut ouvrir les yeux, relever les manches et regarder de quoi la langue kabyle est faite, de quoi l’imaginaire collectif est fait, et le tout à la lumière des Lumières de la modernité. L’image que se fait le Kabyle de sa langue est dessinée par les autres, c’est une image biaisée, et c’est peu dire. L’image kabyle, la vraie, repose en grande partie sur un Arc, ce n’est pas pour rien que le mythe fondateur kabyle (mythe d’Anzar) met en scène l’arc-en-ciel, donc un arc de roue. C’est la roue kabyle qu’il faut mettre en marche désormais et cesser d’être à la remorque de ceux qui vont droit au mur !

Touchons terre maintenant. Une clairière qlq part à DEM. On aurait voulu y inviter Sir Newton, Galilée et Einstein himself ! pour discuter des plans inclinés, de la chute libre, de la pomme et de la relativité, mais bon ! Si vulgariser la science est utile, à quoi bon banaliser le monde, hein ? Restons dans l’imaginaire, dans l’image que ce fait notre cerveau de ce monde qui nous entoure. Et comme on est humbles en Kabylie, on va se contenter d’un simple berger qui contemple, dans un silence chantant, le monde depuis la terre kabyle. Le dodo à la belle étoile offre un spectacle époustouflant avec une voûte céleste gorgée d’étoiles, mais une petite sieste, en plein air un après-midi de printemps en Kabylie, offre ses avantages aussi. Ce tête-à-tête avec les cieux fait partie de l’existentialisme kabyle :). Qu’est ce que le ciel ?
i-geni (prononcer iguéni) « le ciel, la voûte céleste ».
La racine /GN/ ne laisse aucun doute sur la forme « courbée », c’est la même d’ailleurs en fr. (ex. genou) ou en russe (gnut « courber »). C’est le premier Arc, c’est l’arc du génie. C’est la première image kabyle.
Notre pasteur, en bon Kab, regarde le ciel « les yeux dans les yeux », les yeux ouverts en plus :), pour aller au fond de sa pensée et, par la même occasion, comprendre que lui-même, par ses yeux, n’est que le reflet des cieux. Un arc sur la forme, et sur le fond qu’est-ce que le ciel ? Un fond justement ! Ce que le Kabyle désigne par /GN/ de igeni « ciel », le Russe l’utilise pour autre chose : /DN/ de dno « le fond ». Ou plus exactement, une « profondeur », un puits sans-fond, une tunnel sans fin, une source intarissable probablement. igeni « ciel » kab va naturellement s’aligner sur le 3ayn « œil, source » présumé sémitique, terme que le kabyle utilise aussi mais pour désigner la3yun pour « sourcils,  arcades sourcilières » avec toujours la forme d’arc. La première image kabyle est un Arc, c’est aussi valable probablement pour le reste de l’humanité. C’est l’image « angélique » du endless world, le monde sans fin, l’univers donc, qui se reflète dans les yeux du berger existentialiste kabyle…

Et comme la sieste ne peut pas durer éternellement, le berger existentialiste se lève et prend son bâton. Et son temps aussi. Pour réfléchir. A y voir de près, ce bâton idéal a de quoi nous surprendre. Chaque roue a besoin d’un essieu, hein, et ce bâton est un morceau de bois après tout ). Le berger le tient par le milieu (alemas), son centre de gravité, pour le peser et penser. Ce bâton est une bascule qui montre aussi de quoi la langue du berger existentialiste a l’air. Il suffit d’éloigner ses doits du milieu pour que le bâton passe en état de déséquilibre, donc un angle d’inclinaison par rapport à l’horizontale, pour faire naitre une opposition, une dualité, deux antipodes : Haut vs Bas, Aval vs Amont, un Avant vs un Après. Et de visionner les expériences de Galilée et de Newton :) Et de comprendre que le bâton du berger est l’axe (incliné) de rotation de la Terre : le wada (bas) va être l’équateur chaud et diluvien alors que le fella (haut) sera le pôle froid avec sa calotte (adfel « neige » en kab vient de ce fella « haut » ?), c’est la vallée vs le sommet de la montagne kabyles :)
/WD/ wada « le bas » vs /FL/ fella « le haut ».
Ce sont des notions d’espace à priori, mais lorsqu’une préposition S « de (from) » leur est associée, ces termes deviennent des notions de temps aussi :
S + /WD/ swada « du bas » (espace), « du/depuis le début » (temps).
Et là c’est une source intarissable d’indices qui jaillit, et l’on a pas assez de récipients pour les stocker tous en même temps : c’est vraiment une mer à boire :)


Cette racine kabyle du « bas » /WD/ est la même que celle des langues dites IE pour désigner l’eau : water en anglois, wasser en allemand, voda en russe. Mais c’est aussi la même racine que /WD/-/KT/-GD en kabyle de weth, kath « battre, battement (de pluie) », aweDH « atteindre (arriver à un point de destination » » et, bien sûr, la racine /GD/ kabyle, berbère et punique de Agadir « forteresse, grenier »de gad « rempart, mur » en phénicien, iguidher « aigle » en kab. Voilà de la matière à traiter, mais pour le moment j’aimerais attirer votre attention sur de très surprenantes interférences entres plusieurs langues, qui obéiraient à un même algorithme. Voici qlqs exemples qui découlent du kabyle S+WD de swada « du bas », « depuis le début », cette proposition S « de, depuis », parfois signifiant « avec » (associé à, avec qui/quoi, un « moyen » qlq part) et qui marque l’arrêt, ressemble étrangement à la même préposition russe S (iz « de »), S « avec », mais elle n’existe pas en masri-arabe par exemple. Bon, une comparaison avec le latin/fr. :
S+WD de swada « du bas, depuis le début »= De + But pour Début. Ainsi WD, KT, GD en kab serait comparable à But, objectif, etc. en fr.
Par ailleurs, en plaçant les différentes racines WD, KT, GD de « battre » en kab devant la préposition kab S « de, depuis », on peut obtenir des résultats pour le moins curieux :
S + GD : sagita « flèche » en latin, segad « chasseur » en kab (sayad en masri-arabe) ;
S+KT : skath comparable au sqef (Toit) en kab soi-disant emprunté au masri-arabe, et voire même au russe skot, skotina « bétail, cheptel » (animaux) et de… la scuderia (non, ce n’est pas Ferrari uniquement, mais une écurie en général en italien) : adaynin (étable, écurie) ;
S+WD swada en kab expliquerait la provenance de awdhay « juif, Hébreu, Judéen » en kabyle, car tout simplement Swada « du bas, depuis le début » va s’aligner sur le Chabat, Sabatto ou Samedi, le jour de la semaine sacrée ou férie dans la tradition juive. D’ailleurs, le jeudi (jour de dieu Jupiter) s’expliquerait aussi au moyen de cette même combinaison S+WD, surtout que le aS est le « jour » (illuminé) en kabyle ;
Swada « du bas, depuis le début » est comparable au…Soudan u masri-arabe aswad « noir, foncé » : l’opposition Fella « haut » vs Wada « bas » en kabyle va prendre aussi le sens de Clair/Lumineux vs Foncé/Obscur. 


Encore un exemple en utilisant la « mécanique kab » :
S + M1 ma1« eau »(1 est alif « coup de glotte ») = Sama1 « ciel » en masri-arabe ;
S+ Vod (voda « eau », vodit « guider ») = Svod « voûte » voire même Svet « lumière » en russe.
On arrive assez facilement à comprendre qu’outre l’Arc, il y est question d’Eau et de Lumière. Tout comme de Noces (mariage). C’est le mythe fondateur kabyle d’Anzar « dieu des eaux » et sa mariée/fiancée Tislit « l’arc-en-ciel » que l’on dit être « les noces du chacal » en kabyle qu’il ne faut jamais pointer du doigt (swaadh) :
Wedding « noces, mariage » en anglois est de même nature que les racines /WD/, /KT/, /GD/ en kab ; swada s’aligne aussi zwadj « mariage » sous sa forme masri-arabe reprise en kabyle. Le mythe d’Anzar et de sa belle mariée (l’arc-en-ciel) existe ailleurs sous une autre forme, hélas littérale et dogmatique, et son illustration est l’image que vous voyez en haut de la page comme il a été peint par Michel-Ange sur la plafond de la chapelle Sixtine du Vatican : c’est le mythe de la création. Ce qui nous incite à déduire que la racine kab /WD/ ou /KT/, /GD/ serait celle du « doigt de dieu », l’Index du pasteur existentialiste kabyle de DEM. Pour le petite histoire, la datte du sud algérien, la meilleure, dite « deglet nour » va dans le même sens de « doigt de lumière » ou golden finger disons, une baguette magique qui fait jaillir la lumière, càd la réflexion, l’intelligence, la cognition, la prise de conscience, la conscience, la morale, le savoir, etc. 

C'est que ce Doigt en fr. est qlq part le lumière en masri-arabe (DHaw) et rayonnement (de la lumière dans l'espace) en kabyle (idhwa). Le doigt est le toit, le ciel qui fait rayonner et répandre la lumière. Mais ce Doigt est ce que le kabyle tout comme le masri-arabe désigner par waqt, soit le Temps. Le moment de la Création sur le tableau de Michel-Ange serait qlq part le Big Bang des bigots, le moment zéro du décompte du temps.
C'est bon, le berger existentialiste lève le camp l'index pointé vers le ciel, et ce n'est pas un fuck (chez les Kabs on utilise le majeur à ces fins vulgaires), ni un fake d'ailleurs...
A suivre.