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samedi 5 décembre 2015

Les Intouchables

On dirait que le commerce des indulgences n'a jamais cessé. La religion est un business rentable pour ceux qui tiennent le poste de PDG guides des "lieux saints". Dieu se vend aussi bien que le pétrole pour les marchands d'illusions. Voici une chanson anti-cléricaliste de feu Dda Lwennas qui date du début des années 80, depuis les choses ne font qu'empirer dans le monde dit musulman.
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Les Pèlerins (interprétation libre, néanmoins fidèle grosso modo)

L’effervescence des grands événements,
La parade des intouchables !

(1)
Le pays a perdu le sommeil le jour où parvint la nouvelle,
Annonçant le retour en grande pompe des pèlerins de la Mecque,
Les détonations et les sons de fanfares se répandent dans les plaines et arpentent les montagnes,
La cohorte de pèlerins en tenues d’apparat, gandouras-soutanes blanches, avance le chèche d’auto-anoblis sur la tête.
(2)
Voici l’avion qui atterrit, avec qui à bord ?
Ce ne serait pas le président au vu de la foule des grands jours ?
Deux cent clones en descendent habillés à la mode d’albinos,
Ce sont les pèlerins ayant eu le sacré privilège d’avoir visité la demeure de Dieu.
(3)
Les voici qui avancent au pas (de Dieu !) auréolés de leur nouveau statut,
Embaumant de leur odeur de sainteté la suite de moines sur leurs pas,
Une aura fraîchement ramenée de la vile illuminée (Médine),
Leur musc ambré d’Arabie envahissant l’air ambiant,
Les voilà, ceux qui ont dépensé une fortune pour indulgence, notoriété et immunité s’acheter.
(4)
Le speech du théosceptique :
C’est pas con, remarque ! Un petit voyage pour voir la maison du bon Dieu, et tout véreux et fumier qu'on est, on est blanchi de ses défauts et crimes devant la loi divine et la loi des hommes – on acquiert indulgence et immunité, et l’on devient un notable parmi les notables, un Intouchable !

 

Si seulement je savais, j’aurais été de ce voyage,
J’aurais aimé moi aussi voir la demeure de Dieu,
J’aurais volontiers accepté la rémission de tous les péchés et égarements de ma jeunesse,
Je sortirais alors blanchi de tous mes crimes et torts de ce lieu d’absolution.
(5)
Même si j’étais un homme de grande vertu, pour autant personne n’est parfait !
Et une fois devant le temple du prophète, à volonté le diable je lapiderai,
Jamais plus je ne quitterai le droit chemin de la vertu sauf en cas de force majeure,
Et puis, ne serais-je pas escorté par d’anges-gardiens gardes-péchés à mon retour du pèlerinage ?

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Texte kabyle (source) :
Taddart mi i tesla i lexbaṛ, Ur tgin ara
A-ten-an ad d-teddun zziyaṛ, Kkan-d si mekka
Nesla i lbarud s azaɣar, Tiqwijt, lɣiḍa
Llsan-d irkkwel iqendyaṛ, Cemlat ɣef iqerra


A-tt-an tewweḍ-d ṛṛuplan, Anwi wi i d-tewwi
Ad tileḍ d Berziden, Si lketṛa n lɣaci
Tsers-d mitin d amdan, Cebbḥen-d irkwelli
D lheǧǧaǧ wid i d-yezṛan, Axxam n Ṛebbi

Ad d-ttfeǧǧiǧen am lefnaṛ, Lexwan deffir-sen
Ttnadin lmunewweṛ, ass-a i d-wwḍen
Rriḥa n lmesk d lεembaṛ, Ad t-zzuɣuren
Seṛfen acḥal d ddinaṛ, Uɣen-d ismawen


Lemmer ḥṣiɣ ula d nekkini, Yid-sen ad dduɣ
Axxam deg i yezdeɣ Ṛebbi, Bɣiɣ ad t-wεuɣ
Ayen yakkw texdem temzi, S-yinna ad t-id-mḥuɣ

Γas akken lhiɣ zik-nni, D lweqt ad beddleɣ
Ma ar awḍeɣ lemqam n Nnbi, Cciṭṭan ad t-reǧmeɣ
Ur ttiliɣ d lεaṣi siwa ma yella cḍeɣ, 

Lmalayek ad d-ddunt yid-i
Ma ar a d-uɣaleɣ

vendredi 4 décembre 2015

Le Tableau

Design Latin

Oh! chérie, chérie, made in Italy - c'est vraiment le cas de le dire :)

Il faut un peu d'imagination pour entrer dans le bain de ce billet. Imaginez un peu le Terminator - Schwarzie bien évidemment, une montagne de muscles, une brute avec un chip d'intelligence (une puce), le viril extrême quoi :) - à la poursuite de la Belle Helène. Ironie du sort, la puce c'est lui dans ce cas :) Le chasseur sur les traces de sa proie, ou bien l'inverse: le gibier qui court après son prédateur.  La belle se sait observée et fait preuve beaucoup de talent, elle est dans son rôle. L'abruti la voit de dos, de loin, il est subjugué par la silhouette, les formes de sa "cible" de la pointe des pieds jusqu'aux cheveux, sinon il ne serait pas là à la poursuivre :) Taille de roseau - match !, déhanchement - match ! chevelure - match ! la traînée de saveur, le parfum de femme - match ! C'est trop même pour un robot :), le mâle fonce pour rattraper la beauté et son coeur bat la chamade rien qu'en pensant à affronter le fond de la forme qui l'a charmé. La scène, parfois lorsque match! il y a, lorsque le fond épouse la forme, a en effet de quoi faire vaciller une montage de chair dotée d'une puce :))) Les yeux olive, dessinés et fardés, la bouche "romaine" (rouge de grenade), la finesse des traits, la parole douce et j'en passe, sont autant d''arguments qui font que c'est le supposé prédateur, le mâle, qui est conquis par ce Tableau parfait et non l'inverse ; et il n'est conquis que lorsqu'il voit en elle son égale, càd sa (probable) moitié, le cas échéant il l'appellera "ma puce" :))) 

Le mâle, tout droit sorti du musée de l'homme, entre ainsi par la petite porte, si je puis dire, dans l'univers de la femme, de sa femme, de sa muse. Un univers très riche et tellement différent du sien ! C'est un moment très intense en émotions que cette entrée par la petite porte dans l'univers de sa femme, sa muse. C'est un moment d'une beauté rare, et aujourd'hui dans les sociétés industrialisées il a quasiment disparu - le consumérisme est total et le romantisme n'a plus sa place, le corps parfait 90-60-90 fait l'affaire, tandis que chez les attardés il se résume à l'hymen, à la virginité de la fille et honnie soit celle qui mâle y pense ! L'univers de la femme a été qlq part désacralisé dans les sociétés industrialisées, la femme n'a plus le rôle de déesse pour l'homme qui l'adorait jadis jalousement. Et pourtant la femme demeure toujours une énigme pour l'homme (bon, les robots, on en parle plus :)), l'univers de la femme, la chérie de l'homme, un terrain toujours non-conquis, un monde magique plein de couleurs et de mystères. L'homme mûr aura toujours un regard admirateur (pris pour lascif parfois) pour univers envoûtant et son corps sculpté par le Créateur comme il le ferait dans un musée en observant des tableaux de grands maîtres peintures, et jadis en tout cas, la nuit de noces avait tout d'un vernissage. Et il y en pour tous les goûts, même des natures mortes :) C'est un tableau avec ses signes et son écriture féminine, une image donc mais avec sa voix féminine, le tableau parfait qui nous séduit en somme.
Paraît-il, tout ce qui est beau est rare, et ce qui est rare est cher. Souvent je me demande pourquoi la beauté des formes à élu l'Italie et les Italiens, et ce depuis la Renaissance partie de Florence. Perso ma perception de la beauté varie selon le lieu, et hors d'Italie à peine si je suis capable de sentir la beauté d'un édifice, d'une fresque ou d'un tableau. Et si on laissait la beauté aux Italiens ? Les meilleurs designers ne sont-ils pas italiens d'ailleurs ? Et si on revenait à la femme, peut-on trouver actuellement parmi les milliers de mannequins photoshopés et sans saveurs, blondasses pour la plupart, une femme aussi belle au sens profond du terme que Sophia Loren ? Non, peut-être un peu la Monica :) Enfin bref, faisons un tour en Italie !
Dernièrement, on a découvert une étrange relation entre Bougie (Kabylie) et Pise (Toscane), et plus récemment, on a fait une découverte capitale de la maison kabyle = zodiaque.  Chaque élément de l'achitecture intérieure kabyle, c'est un univers exclusivement féminin et c'est à la femme qui s'occupe de sa décoration, devrait correspondre à un signe du zodiaque ou à une constellation. Bien. Voici la partie de la maison kabyle qui nous intéresse aujourd'hui : tha-sga ou tasga qui est le mur de façade qui fait face à la porte d'entrée et le mur le plus éclairé de la maison, et en hiver, le métier à tisser de la femme kabyle est installé justement de ce côté de la maison, tasga est le mure de azzeta "le métier à tisser".  Voici de quoi ils 'agirait probablement :
Tasga en kabyle ~ Tableau, Dessin, Design, Toscana (la Toscane) en italien  
C'est que la femme n'est pas toujours peinte, décrite, etc, elle est elle-même une peintre par excellence, un designer d'intérieur surtout dans le cas de la femme kabyle.
Vous voyez sur l'image ci-dessus une peinture rupestre de la région d'Illizi ; avec le temps, la peinture (les motifs) grimpèrent vers le mur de façade de la maison Tasga de la maison kabyle, puis sur le métier à tisser (azetta), puis sur la poterie et la tapisserie, ensuite ils prirent place dans un Tableau  de peintre dans un musée, ou tout simplement dans un tableau de classe d'école ou un flipchart d'une quelconque firme moderne, un support sur lequel on écrit, on marque, on grave, on dessine.

La tasga kabyle "mur de façade" (support de décoration, de peinture) kabyle est comparable aussi à la doska "tableau" russe. On a aussi peut-être l'explication des noms féminins kabyles qui se terminent par -A (au lieu du T affixe du féminin usuel), par exemple Thalla "la source/fontaine"prendrait une forme latine/italienne avec -na, soit Thallana , thassa "foie" - thassana, etc. Inversement, Toscana en italien va prendre la forme sans -na en kabyle : tosca ou tasga justement.
Maintenant je vais vous dire ce que je pense être très très plausible et qui risque de bouleverser certains d'entre-vous quant au vrai rapport que nous entretenions avec le monde latin au nord de la Méditerranée et quel était vraiment ce monde dont la France serait en grande partie exclue :
- La Toscane, plus la Ligurie probablement, serait le monde latin par excellence, et l'Italien vrai, la langue italienne moderne est d'ailleurs toscane ;
- Les Toscans seraient peut-être les héritiers des Étrusques: la Renaissance est venue de Toscane justement, la Kabylie n'a qu'à suivre cet exemple ! ;
- Le Latin, la langue latine ou Latina serait peut-être ce que nous appelons en kabyle azetta "le métier à tisser" qui sert aussi de premier banc d'école à l'enfant kabyle qui se voit raconter les mythes et contes kabyles par la femme (mère, grand-mère) : imaginez un peu le quartier latin de Paris = quartier des tisserands (et des écritures !), un quartier féminin, l'école des femmes, une vraie celle-là ; et je l'ai dit déjà, teacher "prof, enseignant" en anglois serait peut-être issu du français tisserand :)

Cela va sans dire que ce serait probablement une femme - telle que la femme kabyle qui dessine et décore les signes sur les poteries, les murs, les tapisseries - qui aurait inventé et dessiné les écritures, y compris le phénicien et le latin. 

Notre Terminator qui courre derrière la Belle Hélène du début de ce message avait soif de beauté et d'amour certainement, mais il courrait sans doute vers les Lumières de peur de rester analphabète :) A la prochaine. I'll be back !

jeudi 3 décembre 2015

Le Cirque d'Augustin

Les Dés de Thagaste

Maintenant quand on a capté notre bonne étoile, en l'occurrence la maison kabyle = zodiaque, de nouvelles pistes s'offrent à nous pour comprendre notre monde passé et présent. Aujourd'hui nous allons nous occuper du toponyme Souk Ahras, Thagaste durant l'antiquité, à la lumière des idées nées de la découverte du zodiaque dans la maison kabyle, après tout la toponymie est aussi une organisation de l'espace. Et la toponymie kabyle, berbère/nordafe plus généralement, est une prouesse intellectuelle extraordinaire qui attend son heure de gloire, le jour où elle sera déchiffrée complètement.


Quand l'architecture de la maison kabyle s'apparente à l'astronomie (et à l'astrologie par la même occasion), on pourrait supposer que les anciens y ont vu l'aménagement de l'espace ; et que ce zodiaque serait un cercle, peut-être tout simplement un Disque où les notions de sort, destinée et odyssée pourraient se cacher : le discobole ou lanceur de disque serait aussi celui qui jette un sort ou celui qui procède au tirage au sort ou un joueur de jeu de hasard, comme le Maître, ou tout celui qui jette les dés y compris dans des casinos.
http://casinoyay.com/kontrol-igralnyx-kostej-v-kreps/
Here we're, folks :) C'est cet indice ludique du jeu de dés qui nous permettra de comprendre un toponyme berbère ou punico-berbère antique, et pas des moindres puisqu'il s'agit de tha-ghas-th ou Thagaste, de nos jours Souk Ahras, la ville de Saint-Augustin dit Augustin d'Hippone (de nos jours Annaba, 100 km plus au nord). Et voici comment.
En règle général, une langue plus jeune et plus forte peut aider à comprendre une langue ancienne, morte ou en survie, c'est valable pour moi en tout cas : je fais usage du russe pour réanimer le kabyle, les hommes étant presque les mêmes partout et ce qlq soit leur époque. La raison est simple : la réponse est à la surface pour une langue plus jeune, et git plus profondément pour une langue ancienne. Dans notre cas précis, la langue russe nous offre deux indices importants, des calques sur d'anciennes langues que l'on voit utiliser à nos fins :
- jrébiy "le sort" en russe est proche de jerebets "étalon (Cheval)" ;
- kosti "jeu de dés, dés" du mot russe kost' "Os" ou ighes "os, pépin, noyau" en kabyle moderne.
1. La première déduction est simple :
tha-ghas-th (féminin) ou Thagaste ~ ighes "l'os, Os" (masculin) 
C'est le (premier) sens propre du nom Thagaste, la ville de l'auteur de La Cité de Dieu ; le sens figuré pourrait être tout autre, une de ces variantes sera évoquée plus loin dans le texte.
2. L'autre conclusion concerne l'indice de Cheval (étalon) pour le Sort.
En plus, il y aurait peut-être la forme du dé (donc "os") qui aurait une signification figurée (religieuse par exemple) autre que sa forme de Cube, avec les chiffres et nombres dedans.
On croit savoir que Thagaste est devenu Souk Ahras par la suite.
C'est à ce toponyme toujours en usage, Souk Ahras, que l'on va s'intéresser maintenant.
La difficulté réside dans le fait que ce toponyme est hybride :
Souk ou swq "marché, foire" en arabe, en masri (arabe égyptien), en argot nordaf, en kabyle/berbère, etc. ; Ahras serait berbère, de ahar "lion". Ce qui fait qu'on entend tout et n'importe quoi sur l'origine et la signification de ce toponyme Souk Ahras, de "foire aux lions" à  protégée des lions". 
1. Ahras en berbère pourrait s'avérer être ighes "os" (de Thagaste) où le gh remplace le HR : à première vue c'est sans conséquences, mais si ce passage du punico-berbère antique HR au kabyle moderne GH (ou R grasseyé) se confirmait, alors on aurait ça :
Auguste, Augustin ~ waghzen "l'ogre" en kab moderne au sens propre, mais peut-être que, anciennement, c'était un nom comme un autre ou un nom de saint aux os puissants (reliques) comme l'ogre kabyle waghzen (dit ghoul en argot arabe nordaf). Botticelli a peint waghzen "l'ogre" dans son atelier ! Et l'église romaine en a fait un saint !
C'est vous dire que nos amis du nord de notre chère Méditerranée devront revoir leur copie et que la culture kabyle, à commencer par sa mythologie, est en mesure de désavouer les "vérités historiques" sur le passé de notre cher pays et de notre voisinage méditerranéen.
2. Souk existe dans plusieurs langues; difficile donc d'établir sa paternité, et puis s'il était vraiment d'origine arabe orientale, il aurait dû s'imposer dans son voisinage immédiat turc et persan chez qui c'est le Bazar le mot équivalent :))) En Afrique du Nord, Suq, Souk "marché (hebdomadaire", foire (saisonnière, comparable au marché de Noël en Europe)" s'aligne sur l'arabe nordaf surtout Suq, Soug "conduire, mener" (qaid, caïd en arabe classique), qui serait comme NHR "conduire, mener, guider" en kabyle proche de Ahras : Souk en arabe + Ahras en berbère pourraient signifier la même chose, à approfondir donc. Par ailleurs, pour ce qui est de la toponymie, Souk n'est utilisé que chez les Kabyles, Berbères Nordafs et jamais chez les (vrais) arabes, même en Egypte : Souk + jour de la semaine, Souk lethnine (lundi), etc. En plus, le kabyle possède un verbe issu du nom Souk (suq) : seweq "aller au souk/marché" autrement dit "faire les courses". Here we're, folks :) Regardez la photo d'illustration ci-dessus, celle du stade panathénaïque en Grèce, ou bien quasiment la même chose sur la photo ci-dessous, mais cette fois à Rome, le Circus Maximus "Le Grand Cirque", et vous aurez trouvé la réponse !
Toujours pas trouvé ? Deux concurrents sont deux hommes qui courent ensemble, en compétition. Ici c'est un stade, là c'est un cirque !
Souk ~ Cirque voire Cercle, Stade ou Course de chars, de chevaux (ex. Hippodrome). 
Vous comprendrez que Souk n'est qu'une variante nordafe de Circus (cirque) et n'aurait certainement rien à voir avec la langue des bédouins d'arabie, l'arabe ne remplit d'autre fonction que de voiler la réalité, en Afrique du Nord puncio-berbère du moins.
Alors, qu'y avait-il à Thagaste, Souk Ahras, la ville natale d'Augustin, la ville auguste, la cité de waghzen "l'ogre" en kab ? Un hippodrome, un cirque (d'où l'étymologie populaire de foire aux lions ?), un stade ? Ou plutôt qlq chose plus proche de Dieu, de la religion ?

Le Grand Cirque, Circus Maximus en latin. Dans quel toponyme kabyle/berbère nordaf moderne, arabisé sur la forme (les khorotos arabes n'ont jamais rien compris à notre système de toponymie), trouve-t-on Circus Maximus ? Souk est Circus, c'est déjà à moitié gagné, ensuite il faut savoir qu'en kabyle l'article est indissociable du nom. Alors ?.. Aucune idée ? Pas grave, voici la réponse :
Circus Maximus en latin chez les Romains ~ Souk Lekhmis "marché de jeudi (5-ème jour de la semaine)" en kabyle moderne, en berbère avec un consonance (et seulement la consonance) masri/arabe. Ce toponyme existe en Kabylie évidemment mais aussi dans les pays voisins : en Algérie, au Maroc et en Tunisie.

A propos, nous sommes quel jour aujourd'hui ? Un coup d'oeil au calendrier svp !
Je vous parlais de Dés, jeu de dés au début de ce billet.
Voici qlq chose qui va bousculer votre perception des choses surtout si vous êtes catho :)
Jeu de dés ~ Jeudi soit Jour du dieu Jupiter (ou de Zeus chez les Grecs anciens)
C'est que probablement il y aurait dans Jupiter le sens de jour de Chance, le jour du Sort ou le jour du Destin, repris ailleurs ultérieurement comme nuit du destin, une nuit bénie. 
Voilà ce que nous apprend Thagaste, et ce n'est probablement pas tout surtout en termes de toponymes kabyles et berbères liés à Souk. On y reviendra le moment venu, une fois que l'on aura d'autres indices. Une énigme reste à résoudre : on connaît la légende de l'Olivier d'Augustin chez les cathos, et si Augustin ne serait que l'ogre waghzen des mythes kabyles, alors pourquoi est-ce qu'en kabyle l'arbre de l'ogre est un chêne, un mythe kabyle ancien immortalisé par Dda Yidhir dans sa chanson notoirement connue "A vava inou-va" (Père, ô (mon) père !), chantée combien de fois (moi-même étudiant je l'ai chantée sur scène), en corse et même en grec. Izem "lion" en kabyle seulement (ahar en berbère), et a-zemmour "olivier" et zmer "puissance, pouvoir" ont la même racine, c'est peut-être à cause des os puissants/reliques de St Augustin de Thagaste ? En tout cas, a vava inou-va a tout de la chanson de l'arbre du père Augustin...  

mardi 1 décembre 2015

ZODIAC

LA MAISON KABYLE

Par Tous Les Saints Du Pays Kabyle

Regardez cette modeste illustration qui représente un stand avec l'architecture intérieure de la maison traditionnelle kabyle et dites-vous bien que cette image reflète rien de moins qu'un fragment de l'identité kabyle et de l'époque punique, elle est pour nous ce que La pierre de Rosette est à l'Egyptologie. Et c'est un autre élément de "fierté", en plus de l'organisation sociale kabyle et de la toponymie kabyle (berbère nordaf plus généralement). 
Pourquoi ? Car tout simplement, cette habitation kabyle est comme la relique de Denderah :
ZDG de zdhegh "habiter, résider"  = Zodiaque 
Voir aussi le terme tha-mezdugh-th "habitation, résidence".
Ce n'est pas une hypothèse, c'est un certitude.
Et je mets au défi quiconque osera dire le contraire (mes excuses aux lecteurs, ce n'est point de l'arrogance, c'est juste pour affirmer mon engagement et ma  conviction). 

Donc aux 12 signes du Zodiaque (astrologie) ou 12 constellations (astronomie), on doit trouver 12 éléments d'architecture intérieure de la maison kabyle, trois sont quasiment identifiés :
- SCORPION (anciennement AIGLE) ou SAGITTAIRE : agadhir (agadir) "le grenier" ou taarisht "petit grenier" en kab, GDR désigne aussi iguidher "l'aigle" en kabyle (et berbère) : GD est une racine commune au kabyle/berbère et au phénicien : ça serait soit le Sagittaire, soit le Scorpion (qui a remplacé l'Aigle) selon les zodiaques ; 

- BALANCE : c'est a-dhukan (adoukane) "la banquette" ou sa formule féminine tha-dekant "petite banquette" : 1. Il y a le lien avec Tanit et phénicien, 2. Le terme Banca, banque en latin/romanes vient tout droit de là. On y reviendra à part sur ce sujet, surtout que adukan est aussi un marche-pied ou tremplin, mais la trace punique est indéniable ;

- BELIER : Il serait l'opposé de la Balance pour le zodiaque, dans le maison kabyle c'est adaynin "l'étable", une traduction erronée et voici pourquoi. Ce n'est pas que le Kabyle (montagnard) qui construisait son habitation avec un étable jusque dans les années 60 soit un "indigène arriéré" ou le fait uniquement pour se chauffer en hiver ; adaynin sert uniquement à garder le ou les moutons du sacrifice et jamais à d'autres bêtes, c'est ce que le chrétien appelle "La crèche" (de Noël). Bref, adaynin "l'étable" de la maison kabyle est le Bélier du zodiaque, et là on a un datation : Entre 2000 avant JC et l'an 00 JC, au moment de la création du Zodiaque que nous connaissons, il y a deux mille ans, le Soleil occupait le Bélier à l'équinoxe de mars. NB: Le nom du Bélier en latin Aries sonne plutôt comme tha-arish-th (taarist) "le petit grenier" en-dessus de l'étable, curieux ça !  

- SOLTICE : Les éléments de structure de la maison kabyle seraient apparentés non pas à des constellations (astronomie) ou à des signes du zodiaque, mais à des phénomènes célestes. Le terme a-salas serait peut-être le Soltice, ou a-salas a-lemas (asalas du milieu)  "poutre de faîtage" ou "pilier central", a-jgu, thi-gejda "les piliers, les colonnes" (comme Tikjda) auraient aussi un sens astronomique, et bien entendu, un sens astrologique pour celui qui en veut :) Que sera le métier à tisser (azetta) kabyle détalé pour l"hiver en termes d'astronomie et d'astrologie ? A vous de jouer :)

Maintenant c'est plus une question technique que d'établir entre l'oeuvre d'architecte de la maison kabyle et de l'astronome "kab" d'antan, sans doute PUNIQUE. Il me semble que cette fois j'ai accompli, en partie du moins, ma promesse de propulser un jour sur le toit du monde. La prise de conscience de qui nous sommes dépend de ce que nous en pensons et de l'opinion que se fait de nous le monde dit civilisé. Il y a les khorotos arabo-islamistes qui à part dénigrer tout ce qui est kabyle, berbère et faire main basse sur notre passé, ne savent rien faire. Y en a eu aussi de très civilisés, et très développés en terme de savoir, qui sont restés cent ans presque en Kabylie et n'ont pourtant jamais vu ce Zodiaque Punique dans la Maison Kabyle. Vous comprenez maintenant pourquoi je disais il y a un bon moment sur ce blog ou sur l'ancien, qu'il faudra réinventer l'Egyptologie car les occidentaux les plus performants scientifiquement sont incapables d'interpréter les hiéroglyphes et artefacts égyptiens anciens autrement que par leur approche académique à mon sens pas tout à fait adaptée. 

Alors, on fait la fête ?! Je n'ai pu trouver ce que j'ai cherché, donc on va se contenter de ce dont on dispose (désolé si vous n'aimez pas). Regardez cette brève vidéo (ultras de foot kabs) rien que pour le haka :) ou le "cri de guerre" kabyle né du Printemps kabyle devenu berbère plus tard, c'est plus un slogan de communion pour affirmer haut et fort que nous sommes de imazighen (berbères) qui faisait jadis vibrer les foules et aidait à affronter les adversaires et l'ennemi (CRS, gendarmes) arabes algériens. C'est que cette flamme ne s'est pas éteinte et ce cri de communion retentira encore plus fort le jour où la Kabylie sera libérée. Et les dés sont jetés, finie la rétraction, le ressort de la Renaissance kabyle commence sa détente, le Punico-Berbère va bientôt rebondir !   

Le Convalescent Imaginaire

Le Faux Repentir

Nous sommes en 2015 et la Kabylie ne s'est toujours pas affranchie de la tutelle algérienne. L'état des lieux sur le terrain est de plus en plus alarmant dans une Algérie de repentis, de drabkis ("percussionnistes" ou apprentis-hommes d'état), de barbouilleurs qui parasitent sur le système, de lâches et de brêles arabisés et islamisés, un mélange explosif et dangereux surtout pour la Kabylie qui doit s'en éloigner le plus vite possible. Revenons trente ans en arrière, en 1984-85, avec le témoignage de notre barde sur cette époque.  
Nous sommes au début des années 80, au plus fort du revival kabyle maté par le pouvoir, d'un côté, et au tout début de la montée de l'arabo-ilamisme, de l'autre, toléré par ce même pouvoir. Le contraste entre la Kabylie et l'Algérie est frappant, et à peine si qlq chose a changé depuis. La conscience collective n'existe qu'en Kabylie, disons-le clairement, l'Algérie c'est surtout du "ghachi", une foule sans conscience qui obéit au doigt et à l'oeil aux ordres général-berger ou aux consignes du pasteur-imam du coin. Une masse inerte prise entre le marteau de la junte et l'enclume de la prêtraille. Un agneau coincé entre un chacal et un loup. La situation paraît inextricable et la Kabylie doit prendre la tangente pour sortir de l'impasse algérienne avec sa gestion folklorique. 
La décennie infâme des années 80 avorta de la décennie atroce des années 90 lorsqu’une espèce hybride vit le jour : l’hyène barbue, pire que le chacal et le loup du système confondus. Une décennie de plomb durant laquelle les hordes arabo-islamistes ont semé terreur et désolation en Algérie faisant des dizaines de milliers de victimes dont DdaLwennas, puisse son âme reposer en paix. Son message de visionnaire demeure toujours intact, l’espoir de voir prochainement la Kabylie indépendante de ce monde à l’envers de malades et de convalescents imaginaires qu’est l’Algérie grandit en nous de jour en jour. Le combat continue donc... 
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LE FAUX REPENTIR (Interprétation libre, assez fidèle sur le fond)

ACTE 1 (prélude vocal) : Entrée en scène du Larbin masqué pour son faux repentir devant un parterre d'agneaux.

« Honni soit celui qui oreille prête à tout ce qu’il entend ! »

Gare à celui qui me croira,
Ce n’est que ma langue qui lâche, 
Elle laisse échapper des mots,
Le sage en saisira le sens.
 
Alors faites comme si j’étais l’un d’entre-vous,
Qui aurait pris la parole,
Pour donner son humble opinion.

L'intelligent pèsera mes mots et comprendra ma parole,
L'abruti aura la surprise de sa vie,
Et croira vraiment que j’ai changé de camp, 
Moi un transfuge ? La belle blague !

Je suis de toutes les fêtes et de toutes les bonnes fortunes, 
Je suis de la classe des toujours gagnants,
Je tire toujours mon épingle de ce jeu de hasard,
J'ai toujours ma part du gâteau.

Mes enfants ? Tous préparés à entrer dans le jeu,
Tous ont reçu une bonne éducation,
Je leur ai fais fuir ce bled,
Tous formés à l’étranger.

Mes pans d’éléphant m’ont toujours préservé de la misère qui touche les crève-la dalle,
Je suis un bonze avec un poste à vie, 
Un travail propre, pas pénible du tout,
Avec des horaires flexibles en plus. 
J'adore !
 
Mon souci premier est de me mettre à l’abri,
Se la couler douce quoi !
Et faire partie des repus.

Contrepartie ? Ben oui, la médaille a toujours un revers !
Et bien, je suis un mouchard :
Tout ce que mes oreilles entendent ici et là,
Une fois la coupe pleine,
Je le rapporte à mes tuteurs commanditaires.

Je ne fais pas la grosse tête pour autant, 
je ne suis point arrogant !
J’aime mes amis, mes proches,
Lorsqu’ils sont acculés par les circonstances,  
Ils peuvent toujours compter sur moi.
(Ne suis-je pas un grand seigneur ?) 

Et trouveront chez moi bien plus que la paix :
Consolation, petis soins !
Je leur prodigue le meilleur remède, 
Un conseil d’ami, avant qu’il ne soit trop tard : 
Le silence est tout bénéf, 
Se tenir discret paye, 
Et évite de se morfondre dans les regrets.

La réalité, je la fuis comme le diable l’eau bénite !
Je fuis ses conséquences, son poids,
Je fuis de peur de la voir !
 
Je préfère regarder ce monde du haut de mon siège, 
(Au-dessus de la mêlée de losers, intouchable que je suis !)
Sur ma branche solide perché et sûr de mon avenir,
Sûr de ne pas connaître la chute.
 
Que celui qui veut en faire de même,
Vienne me demander conseil - je l’aiderai,
Je le guiderai sur le chemin de l'opportunisme.

ACTE 2 (chant) : Entrée en scène de la conscience, LE BARDE avance à découvert  pour briser le silence des agneaux.

« Honni soit celui qui vit dans le déni de la réalité ! »

Peu, trop peu d’édificateurs ! 
Médiocrité totale ! Zero creativity !
Trop nombreux les opportunistes, 
Les parasites et autres profiteurs d’un système pourri !
Indécemment trop de frimeurs !
Trop peu d’hommes d’envergure, 
Point de grandeur d’âme !

Au ras des pâquerettes nous sommes,
Quel malheur nous est advenu,
Notre dignité se consomme sous les cendres,
Et nous, on apporte du bois au feu de notre désastre !
 
A peine venus à bout d’un fléau  que voici un autre qui nous tombe sur la tête,
Ne serait-ce pas la fatalité ?
Les soucis ne nous lâchent pas,
La poisse ! ça fuite de tous les côtés,

L’un, un chacal détourneur de consciences, 
Prébendier aux formules abracadabrantes,
Un parasite qui boit le sang et la sueur de son prochain,
Amassant consciencieusement sou à sou sa petite fortune.

L’autre, un loup détourneur de fonds,
Le mafieux du système, 
Et ses somptueux châteaux illicites à l’origine douteuse, 
Aujourd’hui c’est lui le maître de la situation,
La puissance de son argent sème mort et désolation.
 

Ses enfants sont étudiants à l’étranger pour suivre le chemin des Lumières,
Alors qu’ici, nous, agneaux réduits au silence et à bouffer de l’herbe,
Confinés dans l’obscurantisme du bled de mickeys,
Subissons le bâton de l’arbitraire et l’ignominie de l’arabisation forcée, 
Le déni identitaire et le déni de la réalité.

 

dimanche 29 novembre 2015

L'ETRANGER

Oxygène

Chacun de nous, exilés, a été confronté à ce vrai ou faux problème. Il peut « trahir » le métèque le mieux camouflé en autochtone et le plus assimilé s’il n’a pas pris soin de s’en défaire au préalable (s'il est un espion quoi :)). Je crois que l’artiste apatride l’a bien résumé :
Que l'on vive n'importe où
L'accent nous suit partout
comme une ombre doublée d'un miroir
On le porte comme un drapeau
Planté sur chaque mot
Depuis qu'on a pris le départ.

On peut en pleurer, bien sûr, mais il est préférable d’en rire. Il en est des accents terribles à vous faire crever de rire. Au hit parade des accents les plus drôles de la planète, il y a 1) l’accent du Kabyle vielle école qui parle l’arabe ou l’argot arabe algérois, 2) l’accent portugais (pour le français, et depuis récemment pour l’anglais aussi) comme sur cette vidéo mdr, et 3) l’accent géorgien (pour le russe). Il y a, bien entendu, des accents moches comme l’accent blédard ou « arabe » (pour le français) ou l’accent d’eunuques des orientaux, mais il y a aussi des accents charmants comme l’accent toulousain/occitan/du sud-ouest (pour le français) ou l’accent italien. Et puis ensuite il y a des langues qui sont considérées entièrement comme violentissimes, l’allemand occupe la première place dans ce domaine pour son intonation martiale.

Perso, je suis très tolérant en matière de langues, mais je ne suis pas monsieur tout le monde du fait que je suis polyglotte vivant à l’étranger. Si j’ai des préférences, moi qui a le kabyle comme langue maternelle ? Oui, certainement. Sans doute pour l’italien (le toscan en réalité), une langue méditerranéenne, latine donc proche (je ne l’ai jamais apprise mais je la comprends un peu), et probablement pour son expressivité et sa générosité : l’italien joint le geste à la parole, ça veut tout dire ! Je suis tolérant envers toutes les langues, même quand j’entends en quantité l’allemand autour de moi, c’est comme si la télé s’était mise en marche (« encore un film de guerre ! » pour caricaturer), rien d’irritant pour mes oreilles déjà habituées à ces sons. Et comme l’ours ne m’a pas marché sur les oreilles, pour reprendre l’expression russe qui veut dire avoir l’oreille musicale, l’apprentissage d’une (nouvelle) langue étrangère ne m’a jamais posé de problèmes. Épouser l’accent de la nouvelle langue est une autre paire de manches car elle exige des efforts mécaniques permanents dans certains cas (le russe et les langues slaves, l’anglois dans une moindre mesure) ; de guerre lasse, lorsque notre entourage s’y fait aussi, on finit par laisser aller ce léger accent. Histoire de cultiver sa différence, de ne pas renoncer à ses origines ? Non, pas forcément car il n’y a pas de relation entre parler sans accent et renoncer à ses origines. 


La motivation première de l’étranger qui s’efforce de parler sans accent, c’est de réussir dans un nouveau milieu. C’est valable pour un exilé d’un pays à un autre comme celui qui a changé de milieu (classe) dans le même pays avec pourtant la même langue. Moins on est mouton noir (ou corneille blanche pour le cas du russe), moins on est handicapé par rapport au « modèle » de telle ou telle société ou pays. Il y a, entre autres, le faciès, l’accoutrement, l’identité (patronyme) et l’accent comme critères de tri chez celui qui décide et comme handicaps à surmonter pour celui qui veut s’assimiler pour mieux réussir ou simplement pour qu’on lui fiche la paix. Mais il y a sans doute d’autres critères de réussite dans cette histoire : les compétences et le comportement de l’étranger parmi ses hôtes, enfin dans les pays vraiment civilisés ! L’étranger qui vient du sud où l’air est chaud, et qui se met à parler à haute voix dans une ville du nord, ça fait tourner des têtes et aiguiser les regards de l’autochtone habitué à l’air frais et au careless whisper ; y a que les ados qui se comportent de façon si irresponsable dans les sociétés du nord très disciplinées. C’est avant tout une question de politesse et de respect des règles de l’hospitalité que d’apprendre la langue et la manière correcte de parler cette langue des gens parmi lesquels on vit, votre léger accent dans ce cas aura l’air d’un grain de beauté sur votre personnalité qui requiert aussi une hygiène.

Pourtant, il faut reconnaître que les choses ne sont pas si simples – et oui, le monde n’est pas parfait ! – , car même un comportement irréprochable ne prémunit pas l’étranger de l’offense et de l’arbitraire. Il se trouvera toujours des autochtones tout le temps irrités et froissés dans leur (re)sentiments qui pointeront du doigt l’étranger et le jugeront sévèrement, même s’il est le seul à la ronde, ne serait-ce que pour délit d’accent ou pour dissonance de son patronyme. Juste pour le plaisir d’insulter ou pour le déposséder de sa réputation, ou carrément de ses biens comme dans certains pays présumés européens et civilisés, sachant l’étranger en position de faiblesse, une proie facile pour ces charognards. Comme quoi « l’Etat n’est pas la patrie » et il n’y a de civilisés que les gens, jamais les peuples (pas à 100% en tout cas). Ce type d’autochtones instinctivement ou volontairement craintifs de tout étranger est désigné par un terme toujours à la mode, un peu moins que « raciste » il est vrai : Xénophobes.

Voyons de près ce terme composé à la racine du grec xéno- de xenos « étranger ». La vraie signification de ce terme existe ailleurs, pas uniquement dans le grec. Pour faire simple, il y a altération d’un « géométrique » (MN-LR en kabyle), du N en L dans notre cas : Xénos « étranger » en grec ancien est l’Exilé en français que vous et moi aujourd’hui connaissons. Son équivalent nordaf ? GRB de l’arabe gharb « l’occident, le couchant », gharib « étrange » qui interfère avec le kabyle aghriv « exilé, émigré ». Bref, celui qui habite le couchant, le Maghrébin, l’Occidental est un Étranger, un Exilé, un Xénos en grec. De la même façon, le terme a-gumadh « la rive opposée » en kabyle moderne sous-entend « l’occident ou l’étranger », et tout laisse croire que c’est par référence à gum, gugem « Muet » en kabyle (synonyme : 3agun, agoune).
L’accent aussi est Occidental. Ce GRB de maghreb « couchant » est simplement le Carbone dont on a parlé dans le billet précédent. L’accent, l’occident riment avec la descente (du soleil), l’oxydation. Le terme grec oxys « acide » a servi pour désigner l’Oxygène, il serait sans doute comparable au kabyle xsi, khsi « éteint » (par rapport au jour, le soleil disparu/absent). L’Exil est acide, XL ou kisly, kislota « acide » en russe par exemple. 


L’accent que traîne l’étranger est comme une brûlure ou une tache d’acide qui fait de lui la cible des autochtones xénophobes-alcalins qui lui reprochent que son pH ne soit pas neutre (7), autrement dit de parler leur langue avec un accent. Une tache de bronzage sur le poumon de l’étranger, une marque profonde sur laquelle focalisent les xénophobes-alcalins, surtout les borgnes :)  Respire à pleins poumons, exilé, même le Soleil a des taches sous l'effet du magnétisme ou lors du passage d'une planète devant sa face, ex.Vénus formant ce « grain de beauté » sublime sur notre astre. Même le soleil a son trait d'exil, son accent, son grain de beauté, alors pourquoi se laisser faire reprocher sa façon de parler et de respirer ?..

Le Charbonnier

La gueule de bois

Commençons par le décor. L’Egypte ancienne, le mythe osirien, le nouvel an, la crue du Nil, le levier héliaque et la période de l’année correspondante : la canicule. Les grosses chaleurs, ce n’est vraiment pas mon truc, mais là je m’y fais car tout simplement je vois les chiffres dans la chaleur, le calcul dans la canicule, chose qui nécessitera une démonstration dans un deuxième temps, pour le moment on s’occupe de la température, des charbons ardents.
C’est en observant le charbon de bois qui se consume que les idées prennent forme. Si on se demande pourquoi en kabyle quasiment le même terme désigne le rêve/songe (thargith) et la braise (thargets), on doit se dire aussi que dream « rêve » en anglois s’aligne sur adhrim « l’argent (monnaie) » en kabyle, drachme en grec, dirham marocain, etc., et que thargets « la braise » en kab est de la même famille que target « but, goal, objectif » en anglois. Étonnant, mais c’est le feu des forges, ça, on y reviendra une autre fois. Je peux vous rappeler que l’on peut tirer du féminin kabyle T-RG-T de thargets, thirgin « braise (s) », le masculin VRG, BRC de levraq en kab, barca « l’éclair, la foudre » en masri/égyptien, la racine RG étant celle de regh/req « brûler/ardent, briller », voire awragh « jaune, or » en kab, argos « briller, blanc » en grec, hariq « incendie » en masri/arabe. Mais le plus intéressant se trouve ailleurs, dans les rapprochements entre plusieurs langues qui se dégagent de feu. Prenons un peu la température de ce brasier. On a donc besoin d’une échelle. Imaginons donc un thermomètre à mercure. 
Le premier métier à surgir de ce brasier : le Charbonnier. Les autres viendront ensuite. Mais d’abord il y a la compréhension que le Degré (de chaleur) n’est rien d’autre que le Charbon de bois, le Bois, l’Arbre. Le terme TGR tejra « arbre » en kabyle interfère avec sadjara « arbre » en masri/arabe mais aussi avec « Degré » ; il en va de même pour t’jara « le commerce » en kab qui interfère avec le masri/arabe tigara, tidjara « commerce » pour tout ce qui brûle (carburant) ou brille (métal argenté, le mercure par exemple), les deux seraient probablement en relation avec Mercure, dieu du commerce des Romains. Dans tous les cas, c'est la racine "ardente" RG (ou RD) qui est impliqué : un charbon qui brûle compte pour un degré de température du brasier. Voici des rapprochements qui vont certainement vous surprendre :
- Il y a dans ce brasier la Guerre et la Paix, la Force et l'Esprit ;
- Il y a le Dragon : dragon, serpent, hydre dans la force et l'esprit. Le terme russe qui désigne le charbon ugol' va s'aligner sur l'ogre en argot nordaf ghul (à comparer au terrible Akli en kab et non à waghzen "ogre") et avec le kabyle ighil "coudée, avant-bras, bras, (au figuré) force" qui est dra3 "avant-bras, bras" en arabe lui-même en lien avec hydra "hydre" en grec et dragon.

CHIMIE
Le dragon en question serait ce que nous appelons spiritueux ou alcool aujourd'hui. 
C'est que le Bois aurait servi de carburant, de matériau de construction, etc., mais aussi les Bois, les forêts de bois ont appris à l'homme des vices et des métiers ! L'homme aurait sans doute compris depuis longtemps que les forêts avec leurs arbres sont les poumons de notre planète Terre, des arbres qui respirent le dioxyde de carbone et rejettent de l'oxygène ; les anciens l'ont compris :
Arbre ~ anti-homme, l'opposé de l'homme sobre/saint d'esprit
L'arbre est un homme (être humain) anormal car il est possédé, drogué : il respire le (dioxyde de) carbone alors que l'homme respire l'oxygène. En plus, le bois qui pourrit dans les forêts aurait appris aux hommes le principe de transformation (métamorphose), de fermentation, la chimie tout simplement. Ajoutez à cela les champignons hallucinogènes et vous comprendrez pourquoi les hommes pensaient que les Bois étaient habités par les esprits, les forêts hantées, etc. Le nom Angleterre ferait peut-être référence à la Terre de Charbon/forêt/bois et hantée donc. Robin des Bois, le dieu Hermès version angloise, serait  le génie de la forêt of course hantée de Sherwood, le protecteur des alcooliques, possédés, métamorphosés (enchantés) et drogués et le démiurge des ogres-bûcherons, charbonniers, alchimistes (guérisseurs, pharmaciens), etc.
Maintenant qlqs rapprochements à vous faire perdre votre latin :
Boisson serait en lien avec le Bois ;
Brasseur, Brasserie, Bière seraient en lien avec le Bras ; 
Le bûcheron devient soit charbonnier, soit charpentier, le métier de Jésus qui transforma de l'eau en vin (tiens, tiens !), nedjar "charpentier" s'aligne sur al-magar, madjar "Hongrie" en masri/arabe : en réalité, le vigneron dit vinokur en russe serait le vainqueur en fr. et le vengr "hongrois" en russe :) Et c'est le même terme que afekhar "potier" en berbère (fakhr "poterie" en masri/arabe aussi, le potier étant khezaf chez eux). L'expression française "prendre un pot" est tout simplement juste car le Potier est la Vainqueur, le Brasseur de bière, le Vigneron, le Pharmacien (potard après tout !), l'alchimiste. On peut à juste titre supposer que les plantes ou leurs racines auraient une réputation plus positive que les arbres car ces plantes médicinales servaient à guérir et  le corps humain et non pas à l'intoxiquer, le droguer.

Pour l'anecdote, le terme arabe nordaf darija "argot" est aussi "draconien" et d'arbre et de drogue ; et dans le kabyle acadux/ashadukh "sous-bois" il y a dukhan "fumée" en masri/arabe et dukhi "les esprits" et dukhi "parfums" en russe :) Passons aux choses sérieuses maintenant, à la Chimie plus précisément. D'où viendrait ce terme Chimie ? De bois bien entendu ! La chimie ferait référence au principe d'inhaler, humer ou simplement fumer. Si vous voulez, Chimie s'aligne sur Cheminée, le conduit des produits des réactions chimiques, les vapeurs, les gaz.  En d'autres mots, un Chimiste ou un Alchimiste est comme le fumeur de tabac (ou le vapoteur). Le terme kmi "fumer" en argot marocain et nordaf est le plus proche de Chimie, mais il y a autre chose : cette "cheminée" qui dégage la fumée (les gaz, les vapeurs), c'est la bouche de l'intéressé : imi, a-qemush "la bouche" en kabyle, fem ou fum en masri/arabe. La Chimie est tout se qui expire, ce qui est rejeté, évacué, dégagé vers l'extérieur. En d'autres mots, le Langage humain serait aussi de la Chimie.

Il paraît que Robin Hood ou Robin des Bois aurait été adapté-traduit en kabyle comme "Chaavane eg isgharen" :) Le terme kabyle a-sghar, au plur. isgharen "bois mort (combustible), bois" aurait une relation avec Messager en latin, par exemple le dieu romain Mercure, Hermès "messager des dieux" chez les Grecs, et Robin des Bois chez les Anglois. L'arbre, le bois serait l'anti-homme ou l'homme mort, ce qui certainement donna naissance à un moment donné à ma notion d'ossements imputrescibles dits Reliques (de Saints) exprimant la puissance... Faut-il comprendre que la plupart des hommes finissent en cendre alors que des élus (les saints) gardent leurs ossements intacts après la mort ? Peut-être de l'énergie fossile tout simplement ? De quoi se demander si les lieux dits Saints ou abritant des reliques du point de vue religieux ne seraient pas des gisements d'énergie combustible, de pétrole ou de charbon, par exemple ou de minerais, métaux : Sidi (saint) machin en Afrique du Nord ne serait pas un indice de Sider de sideros "fer" ?

On le voit, le Charbonnier est un casse-tête tant il s'apparente à plusieurs métiers et états d'esprit. Le charbonnier, c'est aussi celui qui va au charbon dans le sens de descente aux enfers, de la chute. Le charbonnier est celui que l'on désigne en kab par asekran "l'ivrogne, le soûlard", terme sans doute lié à asghar "bois mort, bois" en kab, son équivalent en arabe étant hatab, alors... - ; les toponymes berbères mazafrane, mazaghrane pouvant aussi être impliqués dans l'alchimie des bois. Je vous laisse avec cette chanson de Dda Lounis Kheloui qui exprime la chute, la détresse du Charbonnier qui sombre dans les bois et leur alchimie pour noyer son chagrin. Restez sobres, sinon vous risquez la gueule de bois le lendemain d'une cuite. Tiens, c'est bien dit en français, hein ?, la gueule de bois ou le langage vulgaire (barbare ?), l'haleine (beurk !), la chimie tout simplement.